MEMOIRE D URNES

Le raz-de-marée électoral dans les Caraïbes : autopsie d'une reconquête historique aux Turques-et-Caïques

Il est des confins de l'ancien empire britannique où la chose publique conserve une intensité insoupçonnée, loin des regards distraits des grandes capitales occidentales. Les îles Turques-et-Caïques, ce petit archipel corallien baigné par les eaux cristallines de l'océan Atlantique et de la mer des Caraïbes, situé au nord de la grande île d'Hispaniola et à l'est de l'archipel des Bahamas, offrent au voyageur le visage trompeur d'un paradis pour touristes fortunés et d'un havre discret pour la finance internationale dérégulée. Pourtant, sous les grands palmiers tropicaux et derrière les façades luxueuses des complexes hôteliers de la bouillonnante île de Providenciales, se joue une vie démocratique vibrante, extraordinairement complexe et parfois d'une cruauté politique absolue. L'élection législative du 19 février 2021 restera dans les annales de ce territoire britannique d'outre-mer comme un moment de bascule totale, l'un de ces séismes électoraux fondateurs qui redessinent intégralement le paysage institutionnel d'une nation insulaire. Pour saisir l'ampleur véritable de ce scrutin, qui a vu le triomphe écrasant du Parti national progressiste face au Mouvement démocratique populaire, il convient de plonger dans les profondeurs de l'histoire locale, de comprendre les traumatismes récents de l'archipel et d'analyser les ressorts intimes d'une colère populaire exacerbée par une crise sanitaire et économique d'une violence sans précédent.

L'histoire politique contemporaine des îles Turques-et-Caïques est intimement et douloureusement liée à son statut particulier de territoire d'outre-mer sous la souveraineté de la lointaine couronne britannique. Si le gouverneur, directement nommé par les autorités de Londres, conserve la haute main sur les domaines régaliens cruciaux tels que la défense de l'archipel, la sécurité intérieure, l'intégrité de la police et la diplomatie étrangère, l'essentiel de la politique intérieure, de l'aménagement du territoire, de l'économie quotidienne et des affaires sociales est géré par un gouvernement local issu de la majorité au parlement. Cette autonomie, revendiquée avec une légitime fierté par les insulaires, a cependant connu de très graves soubresauts au cours des deux dernières décennies. Au début des années 2000, l'archipel a traversé une période de turbulences institutionnelles majeures sous le mandat de l'ancien chef du gouvernement, figure charismatique mais lourdement controversée du camp progressiste. Sa gestion de la nation, entachée d'allégations gravissimes de corruption systémique, de blanchiment d'argent à grande échelle et de vente illicite des terres domaniales, avait contraint le gouvernement métropolitain britannique à prendre une décision d'une brutalité institutionnelle rare. En 2009, la puissance administrante londonienne avait purement et simplement suspendu la constitution locale et dissous le gouvernement élu, imposant une administration directe et verticale depuis l'Europe pour assainir les finances publiques locales et restaurer l'intégrité défaillante des institutions étatiques. Ce traumatisme persistant de la mise sous tutelle, perçu comme une humiliation d'inspiration néocoloniale par une frange active de la population, a laissé des traces psychologiques profondes, rendant invariablement chaque élection ultérieure absolument cruciale pour l'affirmation de la dignité caribéenne et la preuve intangible de leur capacité renouvelée à s'autogouverner sans l'ingérence permanente de la lointaine métropole.

Le lent et douloureux retour à la normale démocratique s'était laborieusement concrétisé par la restauration des élections générales en 2012, puis par un nouveau scrutin de confirmation en 2016. Lors de cette élection décisive de 2016, les électeurs de l'archipel, profondément désireux de tourner la page des grands scandales financiers, avaient choisi de confier les rênes du pouvoir au parti d'opposition historique, portant à sa tête une femme de conviction, la toute première à occuper le poste éminent de Premier ministre dans l'ensemble de l'histoire de ce petit archipel de culture conservatrice. L'espoir immense soulevé au sein de la population travailleuse était alors palpable à travers les différentes îles. Son mandat politique naissant devait symboliser une rupture morale définitive et irrévocable avec les nombreux égarements de l'administration précédente, tout en promouvant l'avènement d'une gouvernance vertueuse, exclusivement basée sur la rigueur comptable, la transparence administrative absolue et la quête d'une plus grande équité sociale. Cependant, l'exercice quotidien du pouvoir exécutif s'est rapidement avéré être une épreuve redoutable pour cette nouvelle équipe dirigeante pleine de bonne volonté, et le destin, aveugle et implacable, a frappé l'archipel avec une violence macroéconomique inouïe au tout début du printemps de l'année 2020, sous la forme soudaine de la propagation foudroyante de la pandémie mondiale.

Pour appréhender correctement le contexte particulièrement oppressant qui précédait immédiatement l'élection de février 2021, il faut nécessairement mesurer à sa juste valeur la vulnérabilité structurelle extrême de l'économie des Turques-et-Caïques. Profondément dépourvu de ressources naturelles significatives, de capacités agricoles vastes ou de la moindre industrie de transformation lourde, le territoire insulaire dépend de manière quasi exclusive de la vitalité capricieuse de l'industrie du tourisme de luxe en provenance du grand continent nord-américain, ainsi que, dans une moindre mesure budgétaire, des revenus volatils générés par les complexes services financiers internationaux offshore. Lorsque les grandes nations industrialisées du monde se sont brusquement confinées dans l'urgence sanitaire absolue et que les frontières internationales se sont hermétiquement fermées pour endiguer la redoutable contagion virale, l'économie autrefois très florissante de l'archipel corallien s'est littéralement effondrée sur elle-même du jour au lendemain. Les hôtels somptueux des bords de mer se sont instantanément vidés de leurs riches pensionnaires venus chercher le soleil d'hiver, le ballet incessant des vols internationaux en provenance des métropoles glacées a été brutalement suspendu sine die, les gigantesques bateaux de croisière ont définitivement déserté les ports d'escale, et des milliers de travailleurs locaux du secteur tertiaire et des services hôteliers se sont retrouvés jetés à la rue, démunis, et sans le moindre revenu du jour au lendemain. Le gouvernement en place s'est par conséquent retrouvé dos au mur, sommé de résoudre une équation budgétaire et humaine pratiquement insoluble à court terme : protéger une population insulaire fragile sur le plan épidémiologique en composant avec des infrastructures médicales notoirement limitées, tout en tentant désespérément d'éviter le naufrage social complet et définitif d'une petite nation soudainement privée de sa seule et unique manne financière pourvoyeuse d'emplois. Malgré l'implémentation de multiples plans de relance et l'élaboration précipitée de mesures de soutien financier d'urgence octroyées par le Trésor public avec l'aval des autorités britanniques, la perception globale de la population à l'égard du gouvernement sortant s'est très rapidement, et très gravement, dégradée dans l'opinion publique. L'équipe au pouvoir a été la cible d'attaques incessantes, quotidiennement accusée de lenteur bureaucratique intolérable, d'incompétence systémique dans la logistique de distribution vitale des aides étatiques, et surtout d'un terrible manque d'empathie humaine face à la détresse abyssale des vastes classes laborieuses, notamment sur les petites îles périphériques de l'archipel qui souffrent historiquement d'un sous-développement chronique et cruel par rapport à la rutilante capitale économique.

C'est très exactement dans cette atmosphère remarquablement lourde, mêlant anxiété sanitaire légitime, effondrement vertigineux du niveau de vie des familles et désespoir économique palpable à chaque coin de rue, que la campagne électorale législative s'est officiellement ouverte au tout début de l'année 2021. Le chef officiel de l'opposition politique, un homme d'État chevronné dépassant allègrement la soixantaine, a su parfaitement incarner l'alternative rassurante au moment le plus opportun de l'histoire moderne du pays. Bien qu'il soit directement lié par les liens du sang à l'ancien dirigeant déchu qui avait jadis provoqué la grave tutelle britannique de la fin des années 2000, il bénéficiait d'une image publique et d'une respectabilité que son aîné n'avait plus. Considéré comme un ancien chef du gouvernement respectable au cours de la décennie des années 1990, reconnu sans conteste à travers tout le pays comme un homme d'affaires extrêmement prospère, visionnaire et avisé, il dégageait une aura indéniable de patriarche protecteur, un homme d'une immense expérience, réputé parfaitement capable de tenir fermement et sereinement la barre du navire national pris au beau milieu de l'œil du cyclone économique mondial. Il a pris à bras-le-corps la destinée d'un grand parti d'opposition totalement revigoré par la crise, rigoureusement discipliné en interne et méticuleusement structuré sur l'ensemble du territoire habité, menant une campagne politique implacable et sans faille, axée exclusivement sur la nécessité absolue de la compétence économique, de la reconstruction post-crise immédiate et de la restauration urgente et inconditionnelle de la dignité matérielle des travailleurs abandonnés. Le contraste visuel et politique avec la Première ministre sortante était saisissant sur le rude terrain de la joute électorale. Visuellement usée par l'exercice solitaire du pouvoir et par la gestion éreintante de la plus grave crise du siècle, elle se contentait de mener une campagne foncièrement défensive, justifiant péniblement et sans grand succès un bilan économique objectivement devenu indéfendable aux yeux d'une vaste population soudainement appauvrie, apeurée et traumatisée par la longue fermeture prolongée de l'industrie touristique salvatrice.

L'ambiance singulière de cette âpre campagne électorale a par ailleurs été profondément et durablement bouleversée par les strictes mesures de distanciation sociale obligatoires et les rigoureux couvre-feux policiers imposés par les autorités sanitaires insulaires pour lutter efficacement contre les vagues successives et meurtrières de contaminations virales. Les habituels grands rassemblements festifs de rue, les immenses concerts politiques colorés et les marches populaires bruyantes, pourtant si profondément enracinés dans les magnifiques traditions électorales des Caraïbes anglophones, ont dû piteusement laisser place à d'innombrables réunions virtuelles sur internet et à une redoutable bataille idéologique acharnée, menée tambour battant tout au long du mois de février sur l'ensemble des réseaux sociaux internationaux. Cette numérisation soudaine et forcée du débat politique fondamental a, contre toute attente des grands observateurs politiques locaux, décuplé de façon exponentielle la participation intellectuelle et le niveau d'engagement civique des citoyens confinés chez eux. Les innombrables jeunes électeurs de l'archipel, souvent désintéressés par la chose publique, se sont cette fois-ci massivement mobilisés sur les populaires plateformes numériques de partage vidéo et sur les divers groupes de messagerie instantanée, décortiquant jour et nuit avec une ferveur inédite les nombreuses promesses électorales des uns et des autres. Le camp de l'opposition a d'ailleurs particulièrement excellé dans ce nouvel exercice complexe de communication moderne et dématérialisée, diffusant continuellement et sans relâche un message professionnel soigné appelant au grand renouveau institutionnel et promettant une véritable efficacité financière retrouvée, tandis que le parti gouvernemental conservateur peinait immensément à faire entendre sa faible voix sur la toile, perpétuellement englué de toutes parts dans d'interminables controverses futiles sur la cherté excessive des denrées alimentaires de base dans les grands supermarchés et sur la lenteur désespérante des versements vitaux des fonds d'urgence étatiques promis de longue date.

Les immenses enjeux géopolitiques et macroéconomiques de ce grand scrutin populaire étaient d'une ampleur purement et simplement existentielle pour la survie à long terme du modeste territoire. Il ne s'agissait plus du tout d'un simple affrontement partisan classique visant sournoisement l'attribution prestigieuse des divers postes ministériels, mais bel et bien de la nécessité absolue de déterminer en urgence le grand modèle global de relance structurelle pour la totalité de la décennie à venir. Les braves électeurs étaient solennellement appelés aux urnes pour trancher de manière incontestablement souveraine sur la complexe stratégie sanitaire encadrant la délicate réouverture complète des indispensables frontières maritimes et aériennes, sur la nécessité vitale et de longue date repoussée de diversifier radicalement l'économie locale pour réduire drastiquement l'addiction mortifère et aveugle au tourisme nord-américain, et bien entendu, sur l'amélioration colossale et impérative du frêle système de santé public national, dont les graves faiblesses historiques avaient été cruellement exposées à la vue de tous durant la grande contagion. Les manifestes politiques volumineux des deux grands camps rivaux de l'échiquier politique présentaient ainsi de grandes différences d'approche philosophiques et comptables très marquées, offrant un vrai choix de société aux votants. Le grand parti au pouvoir prônait ardemment la continuité stricte de l'austérité budgétaire la plus rigide, la très grande prudence fiscale conservatrice et le maintien inconditionnel de strictes réserves financières dans les coffres de l'État, espérant fermement par ce grand rigorisme rassurer durablement les craintives agences de notation internationales, les prudents investisseurs étrangers indispensables et bien sûr l'intransigeante administration de tutelle basée à Londres. À l'inverse parfait et audacieux de cette stratégie tristement comptable, l'opposition conquérante proposait un ambitieux programme vigoureusement keynésien de relance volontariste, d'investissements publics massifs et immédiats dans les nombreuses infrastructures routières et portuaires, une refonte profonde des maigres aides sociales, une augmentation substantielle et très attendue du salaire minimum légal en vigueur, et surtout un allègement salutaire, immédiat et exceptionnel de la dette privée galopante qui asphyxiait tragiquement de très nombreux ménages insulaires endettés. Ce grand discours interventionniste, teinté de social-démocratie caribéenne, a immédiatement trouvé un écho retentissant et un assentiment quasi unanime auprès d'une vaste population exsangue, terrorisée par l'inflation et qui réclamait à grands cris un vaste bouclier social étatique pour survivre à la crise.

Le fatidique vendredi 19 février 2021, bravant courageusement les craintes légitimes de grave contagion respiratoire, les nombreux citoyens électeurs se sont déplacés pour se rendre aux urnes avec une dignité remarquable et une détermination silencieuse mais absolument implacable. Les divers observateurs internationaux venus scruter l'intégrité de la démocratie insulaire ont d'ailleurs unanimement noté avec une grande satisfaction que le taux global de participation au scrutin national a très allègrement dépassé l'important seuil des 75 % du total des inscrits sur les listes électorales, un accomplissement civique véritablement exceptionnel et hautement remarquable compte tenu des circonstances dramatiques liées au contexte d'une pandémie mondiale virale non maîtrisée. Le complexe système électoral en vigueur aux Turques-et-Caïques, institutionnellement élaboré par d'anciens juristes, a joué durant ce jour de vote un rôle de très puissant amplificateur institutionnel des dynamiques sociales à l'œuvre. L'assemblée législative unicamérale locale compte en effet un total de 15 sièges soumis de manière directe au grand vote populaire. Sur ce total, 10 sièges distincts sont fermement attribués dans le cadre très classique de circonscriptions territoriales purement uninominales réparties géographiquement sur les îles, tandis que les 5 grands sièges restants sont élus à l'échelle globale de tout le territoire national, sur une liste nationale unique où chaque modeste électeur peut librement décider de cocher jusqu'à cinq noms différents de politiciens. Ce mode de scrutin hybride et original, conçu méticuleusement à l'origine pour forcer habilement l'émergence de nécessaires consensus politiques nationaux transcendant les simples appartenances insulaires, favorise invariablement et mathématiquement l'émergence claire de majorités parlementaires très amples et confortables. Il a cependant, contre toute attente quant à l'ampleur inédite du phénomène, provoqué lors de cette fameuse journée d'hiver insulaire une véritable et stupéfiante oblitération politique de l'ensemble du parti sortant et de ses cadres dirigeants.

Dès la fermeture officielle et solennelle des dizaines de bureaux de vote répartis à travers les différentes îles éparses de l'archipel corallien, les tout premiers dépouillements partiels et les premières tendances chiffrées ont immédiatement commencé à tomber dans la soirée, provoquant très vite, au fur et à mesure des confirmations régionales, une onde de choc populaire retentissante à travers toute la nation caribéenne ébahie. Le grand camp organisé de l'opposition officielle n'a en effet pas seulement et banalement remporté le prestigieux scrutin général en vue de former confortablement le prochain gouvernement exécutif ; il a littéralement et politiquement anéanti, laminé, effacé la vieille formation politique adverse sur l'ensemble du rude terrain électoral. Le parti victorieux a glorieusement emporté de manière totalement magistrale la somme faramineuse de 14 des 15 précieux sièges parlementaires mis en jeu lors de la consultation. En symétrie cruelle, l'historique parti sortant, exsangue, a logiquement subi la pire, la plus cuisante et la plus humiliante défaite électorale de sa pourtant longue et très riche histoire politique, ne parvenant finalement in extremis, et de très grande justesse, à sauver du naufrage qu'un seul et unique siège de valeureux parlementaire. Cet heureux et solitaire rescapé miraculé allait par la force des choses, et par défaut absolu de concurrence interne, devenir le nouveau chef désigné d'une bien triste opposition parlementaire structurellement et numériquement fantomatique au sein de la nouvelle et vaste assemblée élue. Le symbole historique indéniablement le plus fort, le plus dramatique et le plus cruel de cette immense débâcle institutionnelle fut l'élimination sans le moindre appel de la Première ministre sortante en personne, chef du gouvernement en exercice, qui a lamentablement et lourdement perdu son propre et ancien mandat de députée territoriale face à l'immense, froide et intraitable vague profonde de rejet populaire qui a balayé sans la moindre pitié apparente la totalité des circonscriptions et chaque moindre recoin peuplé du pays. La carte électorale nationale du soir s'est instantanément parée d'une couleur politique monolithique, unique, brillante et écrasante, consacrant avec une grande majesté démocratique une victoire triomphale d'une ampleur inédite et vertigineuse dans l'entièreté des annales parlementaires et politiques récentes de cet immense bassin sud-américain et du vaste arc antillais et des Caraïbes.

Cette vertigineuse alternance gouvernementale d'une fulgurance presque inouïe a été accueillie fort tard dans la nuit noire par d'incroyables scènes d'immense liesse populaire spontanée dans toutes les rues embouteillées de l'île de Providenciales, les immenses et bruyants cortèges motorisés improvisés célébrant avec une incommensurable passion réparatrice la fin abrupte et bienvenue d'une très sombre ère qu'ils jugeaient définitivement calamiteuse et néfaste pour l'avenir de leurs propres familles. L'analyse géopolitique et sociologique fine des dynamiques intimes et profondes de ce vote démontre aujourd'hui sans la moindre once d'ambiguïté partisane que ce grand scrutin historique fut avant toute autre chose un grand vote de sanction populaire exceptionnellement féroce, un référendum punitif et cathartique sur la gestion jugée socialement désastreuse de la très lourde crise de la pandémie virale. Les fiers citoyens insulaires n'ont d'ailleurs absolument pas fait dans la subtile nuance intellectuelle ou la modération pondérée au moment de choisir leur avenir ; ils ont massivement et très froidement utilisé le simple bout de papier du bulletin de vote démocratique comme une arme politique massive et redoutable pour punir de manière exemplaire, destituer et chasser du paysage politique une petite élite dirigeante qu'ils percevaient collectivement comme grandement arrogante, hautaine, géographiquement lointaine de leurs soucis et désespérément déconnectée des profondes souffrances poignantes qui endeuillaient le quotidien du peuple travailleur. L'ampleur écrasante de ce grand triomphe populaire incontesté a bien sûr immédiatement conféré au nouveau et expérimenté chef du gouvernement en exercice un mandat démocratique exceptionnellement clair, extraordinairement robuste et, pour quelques années au moins, totalement intouchable pour mettre en œuvre rapidement et sans entrave l'intégralité de ses vastes réformes économiques tant attendues. La grande métropole londonienne lointaine, qui surveille silencieusement mais fermement ses lointaines possessions ultramarines, a fort pragmatiquement pris acte de cette manifestation limpide et pacifique de la très forte volonté populaire du corps électoral, et ce avec un profond et véritable soulagement pragmatique, la garantie de la stabilité politique de long terme étant depuis des décennies la priorité stratégique absolue pour préserver les intérêts diplomatiques et économiques de la Couronne britannique dans cette zone d'influence très convoitée du globe. Les diverses autres nations voisines, indépendantes ou non, membres de la vaste et dynamique communauté caribéenne, ont d'ailleurs très rapidement et chaleureusement adressé toutes leurs plus sincères félicitations diplomatiques d'usage par de multiples communiqués officiels, reconnaissant par la même occasion solennelle la force impressionnante, le sérieux et la très grande maturité des précieuses institutions électorales transparentes des îles Turques-et-Caïques.

La faste période charnière qui a immédiatement et très intensément suivi ce grand chambardement électoral sans précédent a été très nettement caractérisée par une spectaculaire reprise en main politique et économique, menée de manière extrêmement rapide, hautement méthodique et, diront certains critiques, parfois très autoritaire, des innombrables et complexes dossiers macroéconomiques demeurés en profonde souffrance pendant les longs mois d'inaction apparente liés à l'enfermement général. Le tout nouveau et très resserré cabinet ministériel dirigé par l'habile vainqueur a intelligemment et rapidement su profiter de la très puissante et inespérée vague de colossale relance économique mondiale post-pandémique, initiée par l'Amérique du Nord, pour rouvrir très massivement, grandement et sans tarder les portes maritimes et aéroportuaires de l'archipel au richissime et foisonnant tourisme américain de grand luxe. La tant espérée croissance macroéconomique du territoire est d'ailleurs très vite et presque miraculeusement revenue, pulvérisant tous les records de la décennie précédente et atteignant des niveaux de progression purement et simplement impressionnants ; le modeste produit intérieur brut national ayant d'ailleurs très littéralement doublé de volume au cours des toutes premières et florissantes années qui ont directement suivi cette retentissante et lumineuse victoire électorale historique. Disposant de ces nouvelles marges de manœuvre budgétaires immenses, la nouvelle majorité parlementaire triomphante a très fidèlement et prestement tenu un grand et très significatif nombre de ses principaux engagements sociaux cruciaux martelés durant la rude campagne d'hiver, promulguant très officiellement et avec une évidente célérité la profonde révision à la hausse de la vieillissante et déclinante grille salariale applicable à l'ensemble de la large fonction publique insulaire locale, et imposant de surcroît, avec une rare fermeté face au patronat local de l'hôtellerie, l'augmentation forte, immédiate et ô combien salutaire du fameux salaire minimum horaire pour les milliers de travailleurs acharnés du secteur privé touristique. Ces mesures phares de protectionnisme social actif et résolu s'imposaient alors comme une absolue évidence et des actions totalement indispensables pour espérer tenter d'atténuer, ou a minima de puissamment contrer de manière tangible, les terribles effets quotidiennement destructeurs d'une inflation devenue galopante, systémique et malheureusement très rapidement incontrôlable, du fait qu'elle était massivement et structurellement importée des puissants États-Unis voisins dont l'archipel dépend commercialement pour sa survie alimentaire.

En jetant aujourd'hui, depuis le confortable recul que permet le présent de notre florissante et actuelle année 2026, un regard particulièrement acéré, géopolitique et analytique sur la complexe situation économique globale du pays corallien de nos jours, le fin observateur politique régional y observe très curieusement un miroir géopolitique particulièrement fascinant, intellectuellement stimulant et paradoxalement très troublant des graves et mémorables événements tumultueux survenus durant la fameuse année 2021. Le lointain archipel ensoleillé des Caraïbes a en effet sereinement et démocratiquement connu une toute nouvelle grande échéance électorale générale majeure il y a à peine une courte année, qui, sans grande surprise régionale, a de nouveau très brillamment et très massivement confirmé par les urnes la vaste domination hégémonique, puissante et toujours sans aucun véritable partage démocratique du pouvoir formel par le grand homme d'État vieillissant toujours en place. Il est à noter avec intérêt que l'architecture fondamentale du vieux système électoral politique a même été, dans l'intervalle de ces passionnantes années d'exercice du pouvoir suprême, très profondément, intelligemment et juridiquement réformée par le grand vainqueur législateur. Cette récente refonte constitutionnelle d'ampleur a stratégiquement et démocratiquement élargi le nombre total de sièges du bouillonnant Parlement pour le faire passer opportunément à 19, tout ceci dans le but publiquement déclaré d'adapter équitablement l'hémicycle aux lourds besoins d'une très forte démographie locale galopante, et supprimant par ailleurs astucieusement les archaïques et anciens sièges nominés de façon opaque, pour grandement accroître la belle pureté et la claire légitimité de la représentation démocratique directe. Lors de cette très récente et attendue confrontation pacifique avec les précieuses urnes populaires de bois vernis, le robuste parti installé au gouvernement a de nouveau réitéré avec superbe son tout premier et éclatant exploit politique d'antan avec une grande facilité presque déconcertante, asseyant ainsi très définitivement sa formidable mainmise politique totale sur la totalité de l'appareil législatif formel de l'archipel, et cantonnant inlassablement la famélique opposition parlementaire rescapée à un rôle purement, tristement et uniquement symbolique de très mineure figuration constitutionnelle au fond de l'hémicycle. Néanmoins, en dépit de ces fantastiques, retentissantes et multiples victoires institutionnelles répétées sans fin, les immenses défis fondamentaux et sociétaux profonds qui se posent à la fragile nation caraïbéenne insulaire ont considérablement muté en l'espace de quelques brèves années, avec une gravité souterraine souvent alarmante pour le long terme. Si, en toute objectivité, la brillante macroéconomie insulaire officielle présentée au monde est indéniablement, prodigieusement et vigoureusement florissante, perpétuellement dopée, nourrie et soutenue par des afflux de milliards de dollars généreux liés à des pharaoniques investissements hôteliers de nature purement étrangère, les douloureux maux structurels très profonds et anciens de la fragmentée société archipélagique se sont au contraire cruellement, sournoisement et lourdement aggravés sous la fine et brillante surface des choses. La terrible et implacable violence armée urbaine des gangs, toujours tragiquement et étroitement liée à l'explosion très dramatique, dangereuse et transnationale des vastes trafics illégaux régionaux de narcotiques et d'armes qui gangrènent inlassablement, sournoisement et sans grande trêve l'ensemble fragmenté du si vaste espace géographique caraïbe, a très récemment, et à la surprise apeurée de tous, atteint sur les îles idylliques des niveaux locaux d'intensité meurtrière tout à fait inédits, barbares et infiniment préoccupants pour les pacifiques autorités. Ce dangereux fléau meurtrier instille malheureusement et désormais très quotidiennement un très lourd, angoissant et prégnant sentiment pernicieux de profonde insécurité chronique parmi les paisibles, laborieuses et modestes populations locales. Par ailleurs très directement et étroitement liée aux conséquences inattendues et fâcheuses du fulgurant essor du paradis économique retrouvé, la puissante gentrification accélérée, irrémédiable et foncièrement implacable de la si dynamique île principale de développement concentré, très lourdement accompagnée de l'explosion financière spectaculaire, aberrante et totalement hors de tout contrôle public du niveau global des prix du si rare marché foncier et de la construction immobilière privée, a brutalement, rapidement et très concrètement engendré une cruelle et dramatique crise systémique profonde touchant durement l'accès fondamental au logement résidentiel local. Face aux luxueuses villas flambant neuves des innombrables et riches étrangers venus chercher les eaux turquoise, les vaillantes et courageuses classes moyennes intellectuelles locales et les indispensables, discrets et nombreux travailleurs populaires fatigués de l'intense industrie touristique sur laquelle repose tout le miracle économique récent, peinent dorénavant et de plus en plus cruellement, péniblement et injustement à se loger décemment et dignement, selon leurs maigres revenus, sur leur propre terre, leur propre sol insulaire ancestral et historique. Cela constitue pour l'observateur un profond drame et un terrible et paradoxal revers de médaille social très particulièrement cinglant et cruel, frappant de plein fouet l'image d'un très grand gouvernement progressiste qui fut pourtant élu de haute lutte, jadis et avec la pure énergie salvatrice du grand désespoir, très exactement et précisément sur l'unique et formelle promesse solennelle, solennellement jurée sur la Bible lors des grands discours, de protéger et de défendre acharnement et sans relâche, nuit et jour, les pauvres couches travailleuses les plus humbles et les plus affreusement vulnérables de cette complexe et inégalitaire société insulaire antillaise.

En entreprenant sereinement l'analyse de cette longue histoire insulaire et en comparant aujourd'hui, de manière totalement et rigoureusement analytique, neutre et très distanciée, le si difficile, rude et oppressant climat social tendu qui caractérisait la si grande et décisive élection législative historique de la très reculée année 2021 face à la nouvelle, si différente et ô combien contrastée réalité purement sociologique, florissante et complexe qui prévaut actuellement et fermement sur tout le territoire de l'archipel rénové, le politologue ou l'attentif observateur international impartial ne peut décemment manquer de souligner et d'analyser en profondeur un si subtil glissement sémantique global des puissantes préoccupations de fond de l'inconscient collectif populaire. Lors de ce ténébreux et sombre moment terrible de grand cataclysme mondial et sanitaire de l'époque passée, l'absolue urgence du moment pour la fragile nation n'était ni plus ni moins que l'instinctive et brute question existentielle de survie immédiate, financière et humaine, face à l'immense brutalité terrifiante d'un gigantesque choc économique externe de nature totalement foudroyante. Le fier peuple antillais aux abois, enfermé, terrorisé par les virus mortels et soudain affamé par l'arrêt brutal des colossales activités hôtelières florissantes, réclamait alors de toute urgence divine l'avènement fort rapide, concret et définitif d'un très puissant et robuste grand sauveur de nature économique et providentielle, seul véritable capable de réparer le brisé filet social vacillant de l'État. Aujourd'hui, un bref quinquennat complet plus tard, bien que ce charismatique grand sauveur politique, un dirigeant toujours aujourd'hui fermement et éminemment incontesté dans son pays, ait en grande partie et remarquablement bien rempli sa très noble et exigeante grande mission financière originelle de grand redressement macroéconomique pur, rétablissant le miracle d'antan, la fascinante petite société insulaire et profondément multiculturelle du grand nord des Caraïbes fait malheureusement désormais et amèrement face à de toutes nouvelles, vastes et insidieuses fractures économiques internes et profondément sociétales qui demeurent à ce jour infiniment, effroyablement et techniquement bien plus complexes et subtiles à résorber que par le passé récent. Assurer la distribution, l'affectation et la très juste et loyale redistribution sociale des si abondants et prolifiques fruits gorgés de la fabuleuse, récente et rutilante nouvelle grande prospérité financière nationale s'avère indiscutablement, dans les très concrets, tangibles et triviaux faits quotidiens, un art suprême de gouverner le peuple tout aussi subtil, rude et hautement redoutable, si ce n'est d'ailleurs politiquement beaucoup plus difficile, explosif et inflammable, que ne l'était alors l'arithmétique, basique et si impitoyable gestion mathématique et brutale de l'effrayante pénurie financière subie lors du terrible isolement du monde pendant la récession mortelle. Le respecté, habile et vénérable grand dirigeant de cette terre lointaine, qui est depuis peu allègrement octogénaire, et qui est par conséquent désormais extrêmement, durablement et très confortablement et profondément bien installé au sommet institutionnel, politique et absolu du minuscule et puissant appareil de l'État insulaire pour mener à terme et mener à bien un tout dernier, brillant et tout nouveau grand mandat politique très éclatant, gouverne de fait dans le présent, d'une très ferme et solide main experte en politique locale, un fabuleux archipel d'îles lointaines. Ce pays est subitement devenu, au cours des rapides, si courtes et intenses années qui viennent de doucement s'écouler, très ouvertement richissime en matière de puissantes statistiques financières, mais un grand territoire qui se révèle néanmoins être très paradoxalement devenu un petit bout de terre posé sur l'océan qui demeure en permanence, quotidiennement et continuellement placé sous une très, très haute et lourde tension sociale sourde, latente et permanente. C'est bel et bien là un territoire d'outre-mer extraordinairement contrasté et ô combien fascinant à décrypter pour les vieux diplomates ou pour les sages philosophes occidentaux, un minuscule pays au carrefour des civilisations continentales où les éclatantes et parfois inacceptables intolérables et choquantes inégalités matérielles locales de pure richesse immobilière et pécuniaire menacent désormais à peu près à n'importe quel très court instant imprévisible de raviver furieusement, et de rallumer brutalement, toutes les innombrables vieilles braises enfouies, ardentes et brûlantes d'une très redoutable et volcanique grande colère du menu peuple ordinaire, et ce, au sein d'une forte population qui a pourtant d'ores et déjà très amplement, largement et magistralement prouvé, comme nous l'avons brillamment démontré et expliqué en long, en large et en travers, et de toute évidence, il n'y a finalement pas de cela si longtemps sur l'échelle temporelle humaine, son extravagante et incroyable grande capacité politique d'électeurs à savoir sereinement renverser très pacifiquement, extrêmement radicalement et sans l'usage de la grande force brutale, la totalité complète de l'ancien et solide ordre institutionnel établi dans la douce insouciance de la durée, et le tout, à la plus immense, absolue et très effarante stupeur amusée des grands analystes, de pouvoir faire cela démocratiquement, par l'unique moyen légal, simple et majestueux de l'irrésistible vote, en l'espace d'une seule, magistrale et unique grande nuit inoubliable et décisive de méticuleux, interminable et fastidieux grand dépouillement électoral national caribéen.

L'histoire détaillée, complexe et si extraordinairement passionnante à scruter de cette si décisive, fondatrice et aujourd'hui fameuse et immense grande élection populaire du lointain vendredi 19 février 2021, demeure ainsi, fort heureusement, très brillamment et pour l'éternité pour toutes les innombrables et nombreuses générations futures de politiciens et d'observateurs curieux du vaste monde de la politique caribéenne, une leçon purement et véritablement et totalement magistrale en matière d'observation de la complexe, si riche et changeante géopolitique insulaire du monde contemporain et moderne qui évolue très vite. Cette passionnante, longue et haletante saga électorale lointaine et tropicale nous enseigne et nous rappelle constamment, et avec une indéniable et fort grande clarté intellectuelle absolue dans la réflexion de tout un chacun, que dans ces immenses et très lointains beaux confins maritimes, territoriaux et stratégiques qui nous entourent sur ce globe, l'absolue exigence de la véritable pureté démocratique du peuple ordinaire et la recherche farouche de justice des humbles habitants travailleurs des îles est avant tout une puissante, majestueuse et tellurique grande force interne humaine, foncièrement, définitivement et irrémédiablement indomptable de nature par tous les hommes politiques prétendument invincibles, et qui ne s'accommode par conséquent jamais, au grand jamais, et sous aucun très grand prétexte fallacieux du lourd, cuisant et pathétique échec moral et des promesses politiques si souvent et facilement non tenues de l'ensemble de ses grands dirigeants élus et mis au pouvoir exécutif de l'État par eux-mêmes, lors des grandes grand-messes populaires régulières. Les milliers de simples mais très courageux et discrets électeurs du quotidien vivant modestement et travaillant très fort sur les sables blancs immaculés des îles Turques-et-Caïques d'Amérique, par la seule et très noble expression, à la fois hautement, intimement pacifique mais ô combien décisivement et absolument radicale et tranchante lors de l'application de leur puissant et massif droit de vote démocratique incontournable au bureau des élections, ont alors et depuis très brillamment, formidablement et majestueusement su démontrer une bonne fois pour toutes les époques à venir, avec un grand brio politique indéniable et un calme retentissant, à la face de tout le vaste et grand monde politique entier observant la scène de loin, que la sacrosainte et puissante souveraineté populaire intangible des petits pays oubliés et lointains, alors même lorsqu'elle s'exerce encore aujourd'hui et officiellement dans les vieux traités internationaux complexes sous l'évidente grande tutelle protectrice, bienveillante, formelle, mais cependant inévitablement et immanquablement très stricte et sourcilleuse de droit, de la très influente et si puissante et lointaine ancienne métropole de l'Europe ancienne d'autrefois, demeure, est, et restera probablement encore très longtemps et indiscutablement l'unique, la vraie, la véritable et le seul unique grand et souverain arbitre final humain incontestable et redoutable et puissant du fabuleux, tragique, sombre ou infiniment et purement magnifique destin glorieux des innombrables et formidables petites et grandes et petites et courageuses nations résilientes situées fièrement et lointainement au si fascinant et si mystérieux merveilleux bout du vaste monde immense et complexe. La vitale, indispensable et fameuse très grande pérennité et solide stabilité absolue d'un territoire très clé de nature hautement stratégique sur la très vaste surface complexe de ce grand globe géopolitique connecté, comme celui qu'occupent ces petites îles de rêves aux finances d'or, ne se décrète jamais, en tout état de cause et en aucun cas de figure plausible à nos humbles grands yeux, de manière artificielle ou bien hautaine et détachée du peuple vivant, tranquillement depuis les luxueux, confortables et chaleureux vastes bureaux finement et majestueusement si douillettement dorés de l'or ancien et lourdement et fort silencieusement feutrés des si prestigieuses, imposantes et grandes vieilles chancelleries occidentales mondiales remplies de grands ambassadeurs mondains et fort bien et grassement mis en de très coûteux et grands habits ; la grande et véritable pure stabilité insulaire, qu'elle soit financière et politique, se construit au contraire très méticuleusement, si patiemment et très solidement au fil des jours, ou à la terrible opposée de ce dur concept du succès s'effrite et se détruit soudainement, inéluctablement, et fort irrémédiablement, pour l'éternité pure du temps imparti, dans le strict, religieux, absolu et silencieux lourd secret intimiste, profond et absolu des humbles et simples petits isoloirs exigus en contreplaqué ou en bois verni clair des minuscules îles, très exactement là et seulement là et pas ailleurs et à aucun autre moment du processus, et c'est très précisément le lieu ou et l'endroit ou lors de cet infime instant crucial unique que chaque unique, anonyme et simple grand citoyen, fort modeste électeur de métier et humble travailleur insulaire de la rue et du chemin de sable, qui se retrouve en l'espace de ce très grand et magnifique moment de courte histoire de temps soudain et fort brutalement et tout à fait extraordinairement placé pour la seule fois tout seul, très silencieusement livré à lui-même face à sa seule voix et propre intime et pure et dure conscience politique et humaine, mais cependant fermement guidé et très pesamment et lourdement face aussi, à cet unique et précis très grand instant charnière de liberté humaine pure, à l'incroyable force de rappel complexe et écrasante de la très dure, tourmentée et ancienne complexe grande histoire du petit bout de sa si petite chère belle et fragile terre natale lointaine adorée de toujours et d'autrefois, et où il y décide finalement, souverainement et majestueusement et intimement en toute seule responsabilité au nom des grandes siécles et au nom des si nombreuses, petites et grandes et si fragiles îles Turques et Caïques de la mer immense, de fort purement et simplement, fièrement et grandement clore à jamais avec courage le sombre et très terrible triste chapitre de politique et de vie funeste de la veille pour y écrire immédiatement et seul dans l'ombre et la gloire avec son petit papier, une extrême et fulgurante grande force démocratique de vie, une incommensurable pure audace d'espoir, la majestueuse relance de sa vie et de l'avenir radieux et la suite grandiose, libre, flamboyante et radieuse de la grande belle suite de son héroïque épopée nationale inoubliable sur sa mer immense du grand sud.