Né le 8 mars 1961, dans les reliefs escarpés du village de Dawot, situé dans la lointaine province de Morobe, Robert Bofeng Dadae entame son existence sous l'égide de l'administration coloniale australienne qui gère alors le vaste territoire de la Papouasie et de la Nouvelle-Guinée. Le contexte géographique et social de sa naissance est absolument fondamental pour comprendre l'évolution de son itinéraire personnel. Il grandit dans un environnement rural, forestier et particulièrement reculé, éloigné des grands centres de décision urbains, au sein d'une société traditionnelle où les liens communautaires dictent la plupart des obligations sociales. Son père exerce la noble fonction d'enseignant pour les missions évangéliques, tandis que sa mère a été recueillie et élevée par un couple de missionnaires occidentaux dévoués. Cette double ascendance spirituelle l'imprègne très profondément des valeurs exigeantes du luthéranisme, qui devient très tôt la colonne vertébrale de sa conscience morale. Dans cette grande famille comptant dix enfants, dont deux meurent tragiquement durant leur prime enfance, l'entraide est une règle absolue de survie. La religion luthérienne, loin d'être une simple formalité dominicale, imprègne chaque aspect du quotidien villageois, inculquant au jeune garçon les principes inébranlables de droiture, de travail acharné et de service envers la collectivité rurale. Il fête aujourd'hui ses 65 ans.
Cet ancrage moral initial trouve un prolongement direct dans son parcours scolaire, qui s'apparente à une lente mais inéluctable ascension basée sur le mérite intellectuel. Il fait ses tout premiers pas académiques au sein de l'agence éducative luthérienne d'Ombo, établie dans la petite localité de Derim. Ses maîtres d'école remarquent très vite sa grande vivacité d'esprit, sa curiosité et son exceptionnelle capacité de concentration. Ces remarquables dispositions lui permettent de franchir allègrement le cap de l'enseignement secondaire en intégrant le grand lycée provincial de Bugandi. Ce succès académique est perçu comme exceptionnel dans son entourage immédiat, car il devient l'unique enfant de sa nombreuse fratrie à atteindre un tel niveau d'études. Fort de ce premier triomphe personnel, il quitte sa province natale et gagne la capitale du pays pour s'inscrire à la prestigieuse université de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il s'y forge une solide conscience politique tout en se concentrant sur l'étude approfondie des mathématiques financières et de la gestion d'entreprise. Au terme de ses efforts, en 1988, il obtient une licence en commerce, un diplôme majeur qui lui confère immédiatement le statut très envié de cadre potentiel pour une jeune nation indépendante cherchant désespérément à construire son administration étatique.
Afin de parachever cette solide instruction théorique, il prend l'initiative de partir étudier à l'étranger, plus précisément en Australie, à la réputée université Griffith, où il décroche un master en administration des affaires en 1995, couronnant ainsi un parcours éducatif véritablement exemplaire et audacieux pour un enfant issu des montagnes de Morobe. De retour dans sa région d'origine avec un bagage technique de très haut niveau, il ne cède pourtant pas immédiatement aux sirènes séduisantes de la haute fonction publique nationale. Il préfère humblement mettre ses grandes compétences de gestionnaire au profit direct de la structure spirituelle qui a façonné son esprit, à savoir l'Église luthérienne évangélique de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il y occupe durant plusieurs années le poste crucial et hautement stratégique de comptable en chef. Cette fonction de l'ombre lui confère en réalité une très grande responsabilité, car l'institution ecclésiastique gère un réseau logistique immense d'écoles, de dispensaires médicaux et de missions à travers les provinces les plus reculées du pays. Il devient également un membre particulièrement écouté du conseil d'administration de la grande maison d'édition nommée Christian Press, favorisant la diffusion active de la culture chrétienne et de l'alphabétisation.
Parallèlement à ses intenses activités professionnelles, il assume de lourdes charges spirituelles en tant qu'ancien respecté de sa paroisse et s'implique activement dans l'administration quotidienne du grand lycée luthérien de Bumayong. Cette longue décennie de dévouement confessionnel ininterrompu lui permet de consolider un réseau de relations interpersonnelles d'une densité extrêmement rare. Il est perçu unanimement par ses pairs comme un homme méthodique, d'une probité absolue et totalement incorruptible face aux tentations de l'argent facile. C'est sur ce socle inébranlable de légitimité morale et religieuse que se construit patiemment sa future stature d'homme public, capable de fédérer des populations aux intérêts ethniques parfois fondamentalement divergents. L'entrée véritable de Robert Dadae dans la sphère politique nationale a lieu à l'aube des complexes années 2000. Vivement poussé par son entourage ecclésiastique et désireux d'étendre son action réformatrice en faveur du développement régional, il décide de se présenter aux grandes élections générales de 2002 dans la vaste circonscription de Kabwum Open. Il choisit prudemment l'étiquette rassurante du Parti unifié, une formation politique classique et ancienne du paysage national.
Sa première campagne électorale, menée avec une immense ferveur et soutenue par son très puissant réseau paroissial, se solde par un grand succès populaire. Son élection au parlement national de Port Moresby marque un tournant décisif dans son existence. Dans l'arène parlementaire souvent bouillonnante, il se distingue d'emblée par sa rhétorique toujours mesurée, sa tempérance et sa parfaite maîtrise des dossiers budgétaires les plus techniques. Ses pairs du Parti unifié le nomment très rapidement chef adjoint de la formation, reconnaissant ainsi son talent naturel de négociateur pacifique. Le 30 juin 2004, son sens aigu de la diplomatie parlementaire est publiquement récompensé par son élection sans la moindre opposition au poste très délicat de vice-président du parlement. Cette fonction particulièrement exigeante lui apprend à maîtriser tous les rouages complexes de l'appareil législatif, à arbitrer avec justesse les débats passionnés et à maintenir coûte que coûte le dialogue institutionnel entre la majorité gouvernementale et l'opposition, renforçant ainsi durablement sa stature reconnue de modérateur impartial. Son enracinement électoral local est brillamment confirmé lors des élections générales de 2007, où les électeurs de Kabwum lui renouvellent massivement leur indéfectible confiance.
Ce second mandat législatif consécutif l'amène logiquement à exercer d'importantes responsabilités gouvernementales de tout premier plan. Le 29 août 2007, le Premier ministre de l'époque, Michael Somare, qui demeure une grande figure tutélaire de l'indépendance du pays, le nomme officiellement ministre de la défense nationale. Cette charge régalienne est particulièrement lourde et complexe dans un grand pays insulaire doté d'immenses frontières maritimes poreuses. Pendant près de quatre longues années, jusqu'au début du mois d’août 2011, il s'efforce de moderniser courageusement les forces armées nationales, d'assurer la sécurité des frontières face aux trafics illicites croissants et de gérer subtilement les délicates relations de défense avec l'immense voisin indonésien ainsi qu'avec le puissant partenaire stratégique australien. La crise constitutionnelle particulièrement grave de 2011 le pousse habilement à réévaluer ses anciennes alliances partisanes. Faisant preuve d'un grand pragmatisme politique, il décide de quitter son ancienne formation politique pour rallier le dynamique parti du Congrès national populaire. C'est sous ces nouvelles couleurs qu'il aborde sereinement les élections de 2012, remportant une fois de plus la victoire et conservant son précieux siège de député.
Le nouveau mandat qui débute en 2012 le voit s'investir fortement et discrètement dans le fastidieux travail des commissions parlementaires, où son incomparable expertise de gestionnaire financier fait merveille. Il préside avec autorité l'importante commission permanente des travaux publics et siège simultanément au sein de la commission des comptes publics, gardant un œil particulièrement vigilant sur l'utilisation de l'argent de l'État. Mais son incroyable destin bascule soudainement vers les ultimes sommets institutionnels quelques années plus tard. Le décès totalement inattendu du gouverneur général en exercice crée une vacance périlleuse à la tête de l'État. Fort de sa réputation d'intégrité absolue, de sa longue expérience législative et de l'immense respect qu'il inspire naturellement sur tous les bancs de l'hémicycle, Robert Dadae se porte candidat à cette fonction suprême d'arbitrage. Le 1er février 2017, il est très largement élu par ses nombreux pairs pour devenir l'incarnation et le digne représentant du monarque britannique. Il entre en fonction officiellement le 28 février 2017. Il devient ainsi le dixième gouverneur général du jeune pays et le tout premier haut dignitaire à être originaire de la province de Morobe.
L'accès à ce poste profondément honorifique, qui exige une neutralité partisane absolue et inattaquable, bouleverse radicalement son quotidien. Il démissionne prestement de tous ses mandats politiques pour incarner pleinement l'unité et la pérennité de la nation papouane-néo-guinéenne. En coulisses, sa vie privée est une source constante de profond équilibre, mais devient également le théâtre d'une immense souffrance. Marié fidèlement depuis l'année 1989 à Hannah Dadae, il a fondé un foyer chaleureux et très solide. Son épouse bien-aimée l'a accompagné avec une très grande discrétion et une immense dignité lors de sa vertigineuse ascension vers la fonction vice-royale. Cependant, le destin frappe cruellement sa famille en décembre 2018, lorsque son épouse succombe très rapidement des suites d'une brève mais foudroyante maladie. Ce deuil national l'affecte très profondément, le laissant soudainement seul pour élever dignement leurs enfants dans le vaste palais du gouverneur. L'homme d'État trouve toutefois l'énergie spirituelle de surmonter cette terrible épreuve intime par une prière quotidienne et par un dévouement total envers le service de la nation qu'il incarne.
La résilience exemplaire dont il fait publiquement preuve force le respect unanime de l'ensemble de ses concitoyens. Quelque temps plus tard, l'existence lui offre miraculeusement une nouvelle occasion de retrouver un paisible bonheur familial. Il rencontre la jeune Emeline Tufi Folau, originaire de l'archipel des îles Tonga, avec qui il se marie civilement et religieusement lors d'une cérémonie volontairement très discrète mais profondément émouvante organisée le 11 janvier 2020 dans la capitale. La décennie 2020 consolide ensuite définitivement sa figure tutélaire au sein de l'appareil étatique. Tandis que les différents gouvernements se succèdent au gré des alliances et que de rudes crises économiques ébranlent ponctuellement le pays, le vaste palais du gouverneur reste constamment un pôle de stabilité extrêmement rassurant pour la population. L'analyse de son action au sommet de l'appareil étatique révèle une méthode de gouvernance très singulière, éloignée des habituelles postures tribunitiennes. L'ancien comptable provincial applique rigoureusement à la gestion des grandes crises institutionnelles la même méticulosité qu'il mettait jadis à équilibrer les registres financiers de son église luthérienne, refusant la précipitation médiatique et protégeant la légalité constitutionnelle.
Le bilan de ce tout premier mandat, logiquement perçu comme juridiquement irréprochable par l'ensemble des observateurs, pousse la turbulente classe politique à envisager l'impensable. En janvier 2023, le grand parlement national se réunit et l'élit triomphalement pour un second mandat consécutif à la tête de l'État, un événement totalement inédit et majeur dans les annales institutionnelles du pays. Il prête de nouveau solennellement serment à la mi-mars 2023, devenant ainsi officiellement le haut représentant du roi Charles III. À l'approche de son soixante-cinquième anniversaire, le gouverneur général demeure l'une des figures politiques et morales les plus respectées de l'immense région océanienne. Alors que la nation papouane-néo-guinéenne est quotidiennement confrontée à des défis géopolitiques d'une redoutable complexité face aux puissances continentales voisines, sa présence pacifique, sage et rassurante à la tête des institutions étatiques offre à ses concitoyens une précieuse boussole morale, prouvant que la probité silencieuse demeure le plus puissant des fondements démocratiques.