ITALIE - ANNIVERSAIRE
Attilio Fontana, le notable de Varèse ou la constance du pouvoir lombard

Attilio Fontana est né le 28 mars 1952 à Varèse, en Lombardie. Une région qui n'a pas besoin de présentation : premier moteur économique d'Italie, terre d'industrie et de bourgeoisie laborieuse. C'est dans cet environnement que le jeune Attilio grandit, baigné dans des valeurs de travail, de rigueur et de pragmatisme — le catéchisme discret de la province septentrionale. Il fête aujourd'hui ses 74 ans.
Après un parcours scolaire classique dans sa ville natale, il choisit le droit. L'Université de Milan, diplôme en poche en 1975, puis le barreau. Il ouvre son cabinet à Varèse en 1980, spécialisé en droit pénal. Pendant des décennies, il plaide, convainc, construit une réputation. Il exerce aussi comme conciliateur à Induno Olona de 1979 à 1982, puis comme juge honoraire à Varèse jusqu'en 1988. Deux vies parallèles — l'avocat et l'auxiliaire de justice — qui lui forgent une connaissance intime des rouages institutionnels et une légitimité sociale que peu d'élus peuvent revendiquer.
Sa vie personnelle suit un chemin plus sinueux. Un premier mariage avec Laura Castelli, suivi d'un divorce, puis une union avec Roberta Dini, héritière d'une famille de l'industrie textile. Trois enfants : Maria Cristina, Giovanni, Marzia. Fontana protège jalousement cette sphère privée. Dans l'arène politique, il cultive une image de notable tranquille — courtois, flegmatique, peu enclin aux éclats. Ce n'est pas sans calcul.
Son entrée en politique coïncide avec l'essor de la Ligue du Nord. Il en épouse les thèses autonomistes, cette rhétorique du Nord productif contre Rome dépensière. En 1995, il devient maire d'Induno Olona, mandat qu'il conduit jusqu'en 1999 avec une orthodoxie budgétaire déjà bien rodée. Première étape, première confirmation d'un style de gouvernance : peu d'effets d'annonce, beaucoup de gestion.
Il passe ensuite à l'échelon régional. Élu au Conseil régional de Lombardie en 2000, réélu en 2005, il en assume brièvement la présidence avant d'y renoncer en juillet 2006 pour d'autres ambitions. Car la vraie cible, c'est Varèse. Les 28 et 29 mai 2006, il est élu maire dès le premier tour. Les habitants lui font confiance — à lui, à son profil de gestionnaire sans aspérités. Il modernise, désendette, sécurise. En 2011, les électeurs renouvellent le bail. Il quitte la mairie en juin 2016, au terme de dix ans à la tête de la ville.
Le repos sera bref. Le 4 mars 2018, il accède à la présidence de la région de Lombardie — la région la plus riche d'Italie. Puis survient l'imprévu. Au début 2020, la Lombardie devient le premier foyer européen de la pandémie de Covid-19. Fontana se retrouve au centre d'une crise sans précédent, coincé entre les directives sanitaires nationales, un système hospitalier débordé et une population sonnée. Les critiques ne tardent pas — sur les masques, sur les maisons de retraite, sur les arbitrages. Il tient le cap, sans éclat, fidèle à sa méthode.
La sortie de crise lui permet de reprendre la main. Fort d'un bilan que ses partisans défendent et que ses adversaires contestent, il se représente. Les 12 et 13 février 2023, il est réélu à la tête de la Lombardie avec plus de 50 % des suffrages. Un plébiscite, presque. Ce nouveau mandat, il l'engage sous le signe des Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026 — grand chantier d'infrastructures, vitrine internationale, levier économique qu'il brandit avec la conviction d'un homme pressé de laisser une trace durable.
Fontana incarne un type politique rare : le notable de province qui s'est hissé au sommet par l'accumulation patiente de mandats, sans jamais rompre avec ses racines. Son secret, s'il en a un, tient moins à l'idéologie qu'à la méthode — cette capacité à rassurer une bourgeoisie lombarde qui ne demande pas de grands soirs, mais de la compétence ordinaire et de la stabilité.