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UN JOUR, UN PAYS

Macédoine du Nord : l'OTAN pour horizon, l'Europe comme mirage

UN JOUR, UN PAYS Source : EPOC - création IA

Hristijan Mickoski gouverne un pays coincé dans ses propres contradictions. La Macédoine du Nord avance ses pions sur l'échiquier atlantique avec une discipline militaire irréprochable — plus de 2 % du PIB alloués à la défense, des troupes déployées au Kosovo dans le cadre de la KFOR — mais bute toujours sur le même obstacle : Sofia. La Bulgarie exige une modification constitutionnelle pour y inscrire la minorité bulgare avant tout progrès vers Bruxelles. L'Union européenne a entériné la condition. Le Parlement de Skopje, lui, n'a pas bougé.

Cette paralysie donne le ton. Lors de sa visite du 3 mars 2026, Mark Rutte a salué l'effort macédonien devant les députés et appelé les Balkans occidentaux à abandonner les rhétoriques clivantes — formule diplomatique qui sonne comme un avertissement déguisé. L'OTAN avance, l'adhésion européenne piétine. Le gouvernement surinvestit le premier pour faire oublier l'échec du second.

Les élections locales d'automne ont provisoirement consolidé la position de Mickoski. Le VMRO-DPMNE a emporté la quasi-totalité des municipalités au second tour du 2 novembre 2025, dont Skopje, tandis que les sociaux-démocrates s'effondrent à trois mairies. Victoire nette sur le papier. Mais le taux de participation au second tour raconte une autre histoire : les électeurs macédoniens ne se reconnaissent guère dans un scrutin que les observateurs de l'ODIHR ont décrit comme dominé par la rhétorique identitaire et les attaques sexistes en ligne, au détriment de tout débat sur la gestion communale. Ce n'est pas une adhésion — c'est une résignation.

Du côté des communautés albanaises, la coalitionVLEN, partenaire du gouvernement, a rogné plusieurs municipalités à l'Alliance pour l'intégration (DUI), qui résiste encore dans ses bastions — Gostivar, Lipkovo, Caska, Plasnica — mais perd du terrain. La fragmentation politique albanaise complique encore un peu plus l'équation gouvernementale.

Face à cette accumulation de blocages, le chef de file des sociaux-démocrates Venko Filipce tente d'exister politiquement en réclamant une position nationale transpartisane sur l'intégration européenne. Il accuse le gouvernement de capituler face à Sofia ou, pire, de simuler l'impuissance pour mieux enterrer le projet européen. Le soupçon n'est pas sans fondement : Mickoski n'a pas fait de l'adhésion à l'UE le cœur de sa communication depuis son arrivée au pouvoir.

L'adoption d'un plan d'action pour un gouvernement ouvert et le maintien de contingents au Kosovo signalent une volonté de rester arrimé aux standards occidentaux. Mais les standards ne sont pas l'adhésion. Et personne à Skopje ne semble plus croire vraiment que l'horizon européen est proche.