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QATAR - ANNIVERSAIRE

Tamim bin Hamad Al Thani, l'émir qui résiste

QATAR - ANNIVERSAIRE Source : Facebook de l'Emir

Tamim bin Hamad Al Thani dirige le Qatar depuis le 25 juin 2013, date à laquelle son père, l'émir Hamad bin Khalifa Al Thani, lui a transmis le pouvoir lors d'une abdication volontaire restée rare dans la région du Golfe. À 33 ans, il devenait alors le plus jeune souverain du Conseil de coopération du Golfe, héritant d'un émirat transformé en une génération en l'une des puissances financières et diplomatiques les plus actives de la planète.

Quatrième fils de l'émir Hamad et de Cheikha Moza bint Nasser, figure influente de l'éducation et de la culture au Qatar, Tamim est formé au Royaume-Uni. Il est né le 3 juin 1980 et fête donc aujourd'hui ses 46 ans. Il étudie à la Sherborne School puis à l'académie militaire royale de Sandhurst, dont il sort diplômé en 1998. De retour au Qatar, il gravit les échelons de l'appareil d'État et est désigné prince héritier en 2003, après que son frère aîné a renoncé à ses droits de succession. Pendant une décennie, il prend en main des dossiers stratégiques : présidence du comité olympique national, supervision de fonds souverains, pilotage de la candidature victorieuse du pays à l'organisation de la Coupe du monde de football 2022.

Son accession au pouvoir coïncide avec une période d'affirmation, puis de turbulences. Le Qatar, riche de ses gigantesques réserves de gaz naturel, a bâti une influence sans rapport avec sa taille : un réseau diplomatique dense, la chaîne Al Jazeera, des investissements massifs en Europe et aux États-Unis, et un rôle de médiateur recherché. Cette politique d'autonomie a provoqué en 2017 une crise majeure : l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l'Égypte imposent un blocus terrestre, aérien et maritime au pays, l'accusant de proximité avec l'Iran et certains mouvements islamistes. Tamim tient bon, réorganise l'économie pour contourner l'isolement et obtient finalement la levée du blocus en janvier 2021, sortant renforcé de l'épreuve.

L'émir a depuis consolidé la vocation de médiateur du Qatar. Doha a joué un rôle central dans les négociations entre les États-Unis et les talibans, dans plusieurs échanges de prisonniers internationaux, et surtout dans les tractations autour de la guerre à Gaza. Le pays a hébergé des pourparlers entre Israël et le Hamas, une position délicate qui l'expose aux critiques mais lui confère un poids diplomatique singulier. Au printemps 2026, alors que les efforts de cessez-le-feu piétinaient, le Qatar a marqué une pause dans sa médiation faute de progrès, l'émir appelant publiquement à mettre fin à un conflit qui menace la stabilité régionale. Début mars 2026, il s'est entretenu par téléphone avec le président russe Vladimir Poutine sur les risques d'escalade au Proche-Orient.

Sur le plan intérieur, Tamim poursuit la « Vision nationale 2030 », un programme de diversification destiné à réduire la dépendance aux hydrocarbures. Il a aussi promu une dose de représentation politique avec les premières élections au Conseil de la Choura en 2021, sans toutefois remettre en cause la nature de la monarchie. En avril 2026, il a signé un décret établissant le conseil d'administration de la Fondation qatarienne pour l'innovation et la recherche scientifique, illustration de ce cap mis sur l'économie de la connaissance.

Père de plusieurs enfants, attaché au sport qu'il a longtemps porté comme vitrine du pays, Tamim bin Hamad Al Thani incarne une génération de dirigeants du Golfe qui marient richesse énergétique, ambition diplomatique et prudence politique. À quarante-cinq ans, après avoir traversé l'une des plus graves crises de l'histoire récente de son pays, il dispose d'un horizon de pouvoir qui se compte encore en décennies.