Hakainde Hichilema a atteint la présidence de la Zambie en août 2021, à sa sixième tentative, au terme d'un parcours qui a fait de lui le symbole de la persévérance démocratique en Afrique australe. Surnommé « HH » par ses concitoyens, cet homme d'affaires devenu chef de l'État a transformé une série d'échecs électoraux en une victoire éclatante, infligeant à son prédécesseur Edgar Lungu l'une des plus larges défaites jamais enregistrées dans le pays.
Né le 4 juin 1962 dans une famille modeste de la province du Sud, issu de l'ethnie tonga, Hichilema garde enfant le bétail familial avant de poursuivre des études qui le mèneront loin. Il fête aujourd'hui ses 64 ans. Diplômé en économie et en gestion de l'Université de Zambie, puis titulaire d'un master de l'Université de Birmingham au Royaume-Uni, il fait fortune dans le conseil financier et l'élevage. À la tête de l'un des plus grands ranchs du pays et associé à plusieurs entreprises, il devient l'un des hommes les plus riches de Zambie avant de basculer en politique au début des années 2000.
Prenant la tête du Parti uni pour le développement national (UPND) en 2006, il se présente à la présidentielle cette année-là, puis en 2008, 2011, 2015 et 2016, perdant à chaque fois de plus ou moins peu. Son combat lui vaut une réputation d'opposant tenace, mais aussi des démêlés avec le pouvoir : en 2017, il est arrêté et incarcéré pendant quatre mois pour trahison, après un incident routier impliquant le convoi présidentiel. L'affaire, largement perçue comme politique, renforce sa stature internationale.
Sa victoire de 2021, portée par une jeunesse confrontée au chômage et à une dette publique devenue insoutenable, a suscité d'immenses espoirs. Arrivé au pouvoir avec un pays en défaut de paiement, Hichilema a fait de la restructuration de la dette et du redressement économique sa priorité. La Zambie, premier producteur de cuivre du continent après la République démocratique du Congo, a négocié de longs accords avec ses créanciers et le Fonds monétaire international. Le président a aussi misé sur l'éducation gratuite, le recrutement massif d'enseignants et de soignants, et la lutte affichée contre la corruption.
Son bilan ne fait pas l'unanimité. Si les investisseurs saluent sa rigueur, des organisations de défense des droits et une partie de l'opposition dénoncent un resserrement de l'espace démocratique, des arrestations de figures critiques et un usage contesté de la loi. Ces inquiétudes se sont accentuées à l'approche de l'élection générale du 13 août 2026, pour laquelle Hichilema brigue un second mandat.
Désigné sans concurrent candidat de l'UPND, il a déposé ses dossiers de candidature le 22 mai 2026, alors que la campagne s'ouvrait officiellement le 21. Les sondages le donnent largement favori, autour de 60 % des intentions de vote face à une opposition fragmentée créditée d'environ 35 %. Mais l'adoption récente du « Bill 7 », une réforme constitutionnelle modifiant les règles électorales et la composition du Parlement à quelques mois du scrutin, alimente les critiques sur la solidité des contre-pouvoirs. Appelant ses partisans à « l'unité et à la discipline », le président se présente en garant de la stabilité retrouvée.
À soixante-quatre ans, Hakainde Hichilema joue donc la consolidation d'un héritage encore en construction : prouver qu'un opposant patient peut non seulement conquérir le pouvoir, mais gouverner dans la durée sans renier les promesses démocratiques qui l'ont porté.