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ESPAGNE - ANNIVERSAIRE

María José Sáenz de Buruaga, la Cantabrique qui a brisé le plafond

ESPAGNE - ANNIVERSAIRE Source : Facebook de la PR

María José Sáenz de Buruaga Gómez est devenue, en juillet 2023, la première femme à présider la Communauté autonome de Cantabrie, dans le nord de l'Espagne. Cabéza de file du Parti populaire (PP) dans cette région atlantique, elle a mis fin à des années de domination régionaliste en conquérant un poste qui avait longtemps échappé à la droite espagnole.

Née le 4 juin 1968 à Suances, station balnéaire de la côte cantabrique, elle suit des études de droit avant de se tourner vers la vie publique. Elle fête aujourd'hui ses 58 ans. Son ascension s'inscrit dans le maillage local du Parti populaire, où elle se forge une réputation de gestionnaire rigoureuse et de redoutable parlementaire. Entre 2011 et 2015, elle exerce des responsabilités exécutives de premier plan comme vice-présidente du gouvernement régional et conseillère (ministre régionale) à la Santé et aux Services sociaux, sous la présidence d'Ignacio Diego. Ces années lui donnent une expérience directe de la gestion des politiques publiques, dans un secteur, la santé, particulièrement sensible.

Après le retour au pouvoir des régionalistes du Parti régionaliste de Cantabrie (PRC) de Miguel Ángel Revilla, figure populaire et médiatique de la vie politique espagnole, Sáenz de Buruaga prend la tête de l'opposition. Pendant deux mandats, elle incarne l'alternative de centre droit, aiguisant ses interventions au Parlement régional et reconstruisant patiemment l'assise du PP dans la communauté. Sa ténacité finit par payer lors des élections régionales de mai 2023.

Le scrutin rebat les cartes : le Parti populaire arrive en tête et Sáenz de Buruaga parvient à se faire investir présidente grâce à l'abstention du PRC lors de la session plénière du Parlement de Cantabrie. Elle prend officiellement ses fonctions le 5 juillet 2023, ouvrant une nouvelle séquence politique dans une région longtemps marquée par la personnalité de Revilla. Son arrivée traduit aussi la vague conservatrice qui a porté le PP dans de nombreuses communautés autonomes lors de ce cycle électoral.

À la tête de l'exécutif régional, elle met l'accent sur la gestion économique, la santé publique — domaine qu'elle connaît de l'intérieur —, les infrastructures et le soutien aux territoires ruraux d'une communauté à la fois industrielle, agricole et touristique. La Cantabrie, coincée entre le Pays basque et les Asturies, compte un peu moins de 600 000 habitants et doit composer avec des enjeux de désenclavement, de transition économique et de pression démographique sur ses zones rurales. Présidente d'une majorité qui doit régulièrement négocier ses soutiens, elle gouverne dans un paysage parlementaire fragmenté qui impose le dialogue.

Au-delà de la gestion régionale, Sáenz de Buruaga appartient à la génération de dirigeantes du Parti populaire appelées à incarner le renouvellement et la féminisation d'une formation longtemps dominée par les hommes. Dans ses interventions publiques, elle insiste volontiers sur les valeurs d'« égalité, de fraternité et de solidarité » entre les territoires, plaidant pour un traitement équitable des régions au sein de l'Espagne des autonomies.

À cinquante-huit ans, juriste de formation et femme d'appareil aguerrie, María José Sáenz de Buruaga occupe une place singulière dans la carte politique espagnole : celle d'une responsable qui a brisé un plafond de verre régional après un long apprentissage de l'opposition, et qui doit désormais transformer cette conquête en bilan durable, à l'horizon des prochaines échéances électorales.