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GUINEE EQUATORIALE - ANNIVERSAIRE

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, le dernier des inamovibles

GUINEE EQUATORIALE - ANNIVERSAIRE Source : UN News

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo est, en 2026, le plus ancien chef d'État non monarque au pouvoir dans le monde après Paul Biya au Cameroun. À la tête de la Guinée équatoriale depuis le 3 août 1979, il dirige ce petit pays d'Afrique centrale depuis quarante-sept ans, au terme d'un règne qui en fait l'une des figures les plus durables — et les plus contestées — de la scène politique africaine.

Né le 5 juin 1942 dans la région continentale du Río Muni, alors colonie espagnole, Obiang embrasse la carrière militaire et est formé à l'académie de Saragosse, en Espagne. Il fête aujourd'hui ses 84 ans. Au moment de l'indépendance, en 1968, son oncle Francisco Macías Nguema devient le premier président du nouvel État. Obiang occupe des fonctions de premier plan sous ce régime, notamment la direction de la sinistre prison de Black Beach. Mais à mesure que le pouvoir de Macías sombre dans une dictature meurtrière, le neveu prend ses distances. En août 1979, il renverse son oncle par un coup d'État ; Macías est jugé et exécuté.

Au pouvoir, Obiang installe un système verrouillé autour de sa personne et de son parti, le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE), fondé en 1987. Les scrutins présidentiels successifs lui attribuent des scores qui frôlent l'unanimité : il est réélu en novembre 2022 pour un sixième mandat de sept ans avec, selon les chiffres officiels, 94,9 % des voix. Les organisations internationales et les observateurs dénoncent de longue date des élections sans réelle concurrence, des atteintes aux libertés et une opposition réduite au silence.

Le destin du pays a basculé au milieu des années 1990 avec la découverte d'importants gisements pétroliers offshore. La Guinée équatoriale est devenue l'un des principaux producteurs de pétrole d'Afrique subsaharienne, affichant pendant un temps l'un des produits intérieurs bruts par habitant les plus élevés du continent. Cette manne n'a guère profité à la majorité de la population : une large part vit toujours dans la pauvreté, tandis que les revenus pétroliers ont alimenté de spectaculaires projets d'infrastructures et nourri les accusations de détournement visant l'entourage présidentiel.

La famille Obiang occupe d'ailleurs une place centrale dans l'appareil d'État. Son fils, Teodoro Nguema Obiang Mangue, dit « Teodorín », vice-président chargé de la Défense et de la Sécurité, est présenté comme l'héritier probable. Condamné en France en 2017 dans l'affaire dite des « biens mal acquis » pour avoir financé un train de vie fastueux avec des fonds publics, il incarne aux yeux des critiques la confusion entre patrimoine de l'État et fortune familiale.

Le pouvoir continue de marquer le territoire de son empreinte. En janvier 2026, Ciudad de la Paz, ville nouvelle bâtie de toutes pièces dans la forêt continentale, a été officiellement déclarée capitale de la République, en remplacement de Malabo, située sur l'île de Bioko. Ce transfert symbolise la volonté du régime de projeter une image de modernité et de centraliser le pouvoir loin des côtes historiques.

À quatre-vingt-quatre ans, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo demeure l'arbitre incontesté d'un État qu'il a façonné à sa main pendant près d'un demi-siècle. Entre longévité record, rente pétrolière et succession familiale en préparation, son nom reste indissociable de l'histoire contemporaine de la Guinée équatoriale, dont il a été l'unique maître pour l'écrasante majorité de son existence en tant que nation indépendante.