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HONDURAS - ANNIVERSAIRE

Nasry Asfura, le magnat de Tegucigalpa devenu président du Honduras au terme d'un scrutin sur le fil

HONDURAS - ANNIVERSAIRE Source : Facebook du PR

Le 24 décembre 2025, près d'un mois après le vote, le Conseil national électoral du Honduras tranche enfin : Nasry Asfura est déclaré vainqueur de la présidentielle. L'écart est vertigineux de finesse — 40,27 % des suffrages contre 39,53 % à son rival libéral Salvador Nasralla, soit moins de 30 000 voix sur plus de 3,7 millions de bulletins. Le 27 janvier 2026, l'homme d'affaires de 67 ans prête serment devant le Congrès national et devient le 40e président de la République. La cérémonie est volontairement dépouillée, sans dignitaires étrangers ; la présidente sortante, Xiomara Castro, la gauche au pouvoir qu'il vient de déloger, n'y assiste pas. Nasralla, lui, continue de se proclamer président légitime.

Celui que tout le pays connaît sous le nom de « Papi a la orden » — « Papa à votre service » — est né le 8 juin 1958 à Tegucigalpa, dans une famille d'immigrants chrétiens palestiniens venus de Bethléem à la charnière des XIXe et XXe siècles. Il fête aujourd'hui ses 68 ans. 

Surnommé « Tito » dans l'intimité, il abandonne ses études de génie civil pour reprendre et développer une entreprise de construction qui fera sa fortune. Son slogan de campagne, lui, est né d'un accident : une formule lancée spontanément à la fin d'une annonce radio lors de primaires internes en 2005, et qui ne l'a plus quitté.

Son ascension politique passe par la mairie de la capitale. Conseiller municipal de Tegucigalpa de 2006 à 2010, député pour Francisco Morazán, il dirige la ville de 2014 à 2022, où il se forge une réputation de bâtisseur d'infrastructures routières. Candidat à la présidence en 2021, il est nettement battu par Xiomara Castro. Devenu président du Parti national en mai 2025, il reconquiert l'investiture et bénéficie, pour 2025, d'un soutien explicite de Donald Trump et de Javier Milei. L'administration américaine était allée jusqu'à menacer de réduire son aide au Honduras en cas de défaite d'Asfura.

Le parcours du nouveau président n'est pas exempt d'ombres. Inculpé en 2020 pour détournement de fonds publics et blanchiment, il a vu la Cour suprême annuler toutes les charges le 15 décembre 2025, quelques jours avant la proclamation officielle de sa victoire. Son nom était également apparu dans les Pandora Papers en 2021.

À peine investi, Asfura a imprimé un virage d'austérité et d'ouverture aux investisseurs. Dès son premier jour, il a signé un décret ordonnant la vente de l'avion présidentiel, estimé à près de 15 millions de dollars. Le budget 2026 a été révisé à la baisse de plus de 950 millions de dollars, avec l'ambition de ramener l'appareil d'État de 113 à 74 institutions. Le Congrès a voté une loi de mesures exceptionnelles pour résorber l'arriéré chirurgical et sécuriser l'approvisionnement en médicaments. Sur le plan extérieur, le Honduras s'est retiré du Hague Group, ce bloc d'États défenseurs du droit international sur la question palestinienne, et Asfura a manifesté sa volonté de se rapprocher d'Israël et, possiblement, de renouer avec Taïwan, dont Tegucigalpa s'était détourné en 2023 au profit de Pékin.

Dans son discours d'investiture, le nouveau président a fixé le ton : « Nous devons nous mettre au travail avec humilité. Le temps a commencé à courir, et nous devons résoudre les problèmes des gens pour les servir. » Il a promis d'affronter « de front » l'insécurité qui ronge le pays. Reste qu'il gouverne avec une légitimité contestée dans la rue, une majorité parlementaire seulement relative — 49 sièges sur 128 — et un adversaire qui refuse de reconnaître sa défaite. Le mandat d'Asfura court jusqu'en 2030 ; il commence sur une marge de moins de 30 000 voix.