Le 20 janvier 2025, Donald John Trump a posé la main sur deux bibles, dont celle de sa mère, et a prêté serment pour la deuxième fois sur les marches du Capitole. Quatre ans plus tôt, il avait quitté Washington sans assister à l'investiture de son successeur. Ce retour fait de lui le deuxième président de l'histoire américaine, après Grover Cleveland au XIXe siècle, à exercer deux mandats non consécutifs. Il s'apprête, le 14 juin 2026, à devenir le premier chef d'État américain en exercice à franchir le cap des 80 ans.
Né dans le Queens, à New York, quatrième des cinq enfants du promoteur immobilier Fred Trump, il grandit dans une famille où l'argent et la construction tiennent lieu de langue maternelle. Après la New York Military Academy, il étudie à l'université Fordham puis à la Wharton School de l'université de Pennsylvanie, dont il sort diplômé en économie en 1968. Il entre ensuite dans l'entreprise familiale, qu'il rebaptise Trump Organization et oriente vers les gratte-ciel de Manhattan. Le Grand Hyatt en 1980, la Trump Tower en 1983 : il bâtit une marque autant qu'un patrimoine. À partir de 2004, l'émission de téléréalité *The Apprentice* transforme l'homme d'affaires en figure populaire, et la formule « You're fired » en signature nationale.
Sa première présidence, de 2017 à 2021, s'achève sur l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021 et une défaite face à Joe Biden qu'il refuse longtemps de reconnaître. Entre les deux mandats, son parcours judiciaire est sans précédent : seul président américain destitué deux fois par la Chambre des représentants — puis acquitté chaque fois par le Sénat — il devient aussi, le 30 mai 2024, le premier ancien président reconnu coupable au pénal, condamné sur trente-quatre chefs de falsification de documents comptables dans l'affaire des paiements à l'actrice Stormy Daniels. En janvier 2025, le juge prononce une dispense de peine : un casier judiciaire, mais aucune sanction.
Sa victoire de novembre 2024 sur la vice-présidente Kamala Harris, avec 312 grands électeurs contre 226, lui rend la Maison-Blanche avec une majorité plus nette qu'en 2016. Le second mandat débute sur un rythme d'exécutif soutenu : 225 décrets signés en 2025, un record annuel depuis Franklin Roosevelt. Cette frénésie réglementaire nourrit aussi la contestation : à la mi-janvier 2026, plus de 550 procédures judiciaires visaient ses décisions.
La politique étrangère domine désormais le mandat. Le 3 janvier 2026, une opération militaire américaine au Venezuela aboutit à la capture du président Nicolás Maduro. Fin février, Washington entre en guerre aux côtés d'Israël contre l'Iran, conflit devenu l'épicentre de son second mandat. Ces engagements ont un coût intérieur immédiat. Les prix à la consommation ont augmenté de 3,8 % sur les douze mois s'achevant en avril 2026, leur plus forte hausse en près de trois ans, et le prix de l'essence a bondi d'environ 30 % sur un an. La confiance des consommateurs est tombée à un plancher historique.
Le président lie ouvertement ces difficultés à la guerre. « Dès que cette guerre sera terminée, l'essence va baisser », a-t-il lancé à des journalistes le 19 mai, rappelant l'avoir vue descendre sous deux dollars le gallon dans certains États. Fin mai, des tirs ont repris entre forces américaines et iraniennes alors qu'il réclamait un durcissement d'un projet de cessez-le-feu, exigeant des engagements nucléaires plus stricts de Téhéran et la réouverture du détroit d'Ormuz. Une réunion de deux heures sur le sujet s'est terminée sans décision.
La séquence asiatique du printemps illustre sa diplomatie personnalisée. Les 14 et 15 mai, il a effectué une visite d'État de deux jours en Chine, reçu par Xi Jinping, et obtenu un engagement de reprise des achats agricoles chinois — sans avancée sur l'Iran ni sur Taïwan. Quelques jours plus tard, Vladimir Poutine était à son tour à Pékin, signe que la rivalité entre Washington, Pékin et Moscou se joue désormais sur un même échiquier.
À l'intérieur, son administration poursuit le durcissement migratoire qui fut au cœur de sa campagne : le Congrès a débloqué environ 70 milliards de dollars pour financer son programme d'expulsions. Le 5 mars, un remaniement a réaffecté la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem à une mission spéciale pour les Amériques, remplacée par le sénateur de l'Oklahoma Markwayne Mullin.
À quelques jours de son quatre-vingtième anniversaire, Donald Trump gouverne un pays où l'inflation ronge le pouvoir d'achat et où l'engagement militaire au Moyen-Orient n'a pas de terme fixé. La prochaine échéance électorale, les élections de mi-mandat de novembre 2026, dira si l'électorat qui l'a renvoyé au pouvoir lui maintient sa confiance.