Il est des coïncidences que la vie politique aime à cultiver. Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d'Île-de-France, souffle ce 14 juillet 2026 ses cinquante-neuf bougies, le jour même où la République célèbre sa fête nationale. Née le 14 juillet 1967 à Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine, celle qui préside aux destinées de la première région économique de France partage ainsi son anniversaire avec la commémoration de la prise de la Bastille, symbole d'un pays qui se raconte volontiers à travers ses figures publiques. Cette convergence de dates, anecdotique en apparence, dit pourtant quelque chose de la trajectoire d'une femme qui, depuis plus de vingt ans, occupe une place constante dans le paysage institutionnel hexagonal.
Valérie Roux, de son nom de naissance, grandit dans un milieu favorisé et cultivé. Après des études secondaires solides, elle intègre HEC Paris puis l'École nationale d'administration, deux passages obligés des élites administratives françaises dont elle sort major de sa promotion en droit. Ce parcours d'excellence la conduit d'abord au Conseil d'État, où elle exerce comme maître des requêtes, avant qu'elle ne bascule vers l'action publique au tournant des années 2000. Jacques Chirac, alors président de la République, la remarque et la nomme chargée de mission à l'Élysée sur les questions de nouvelles technologies. Ce premier contact avec le sommet de l'exécutif marque le début d'une carrière politique menée sans interruption depuis lors.
L'ancrage territorial vient rapidement. Élue députée des Yvelines en 2002, réélue à plusieurs reprises, elle façonne dans ce département de l'ouest francilien la base électorale qui ne la quittera plus. La reconnaissance nationale survient en 2007, lorsque Nicolas Sarkozy la nomme ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement de François Fillon. Elle y porte la loi relative aux libertés et responsabilités des universités, texte qui accorde une autonomie renforcée aux établissements et qui suscite à l'époque de vifs débats dans le monde académique. En 2011, elle prend la tête du ministère du Budget et devient porte-parole du gouvernement, fonction qui la place au premier rang de la communication de l'exécutif jusqu'à l'alternance de 2012.
C'est toutefois à la tête de l'Île-de-France que Valérie Pécresse a bâti l'essentiel de sa stature d'aujourd'hui. En décembre 2015, elle ravit la présidence du conseil régional à la gauche, mettant fin à dix-sept années de gestion socialiste incarnée par Jean-Paul Huchon. Sa victoire, obtenue dans un contexte marqué par les attentats de novembre, installe une nouvelle majorité de droite et du centre au sommet d'une collectivité qui rassemble plus de douze millions d'habitants. Réélue en juin 2021 dès le second tour, elle conforte alors son emprise sur une région dont le poids démographique et économique dépasse celui de bien des États européens. En 2026, elle exerce toujours pleinement ce mandat, à la tête d'un exécutif régional dont elle a fait le laboratoire de ses convictions gestionnaires.
Sa présidence s'est largement identifiée à la question des transports, dossier dont elle a fait un marqueur personnel en présidant Île-de-France Mobilités, l'autorité organisatrice des mobilités de la région. La période récente illustre cette obsession du réseau. Lors du deuxième Conseil stratégique de la sûreté dans les transports en commun, elle a annoncé le recrutement, en 2026, de cinq cent quarante agents de sécurité privée pour le réseau de bus de Paris et de la petite couronne, en complément des agents du Groupe de protection et de sécurisation des réseaux, ce qui doit multiplier par six et demi la présence humaine sur le périmètre concerné. Un nouveau plan bus est par ailleurs attendu à l'automne 2026, destiné à adapter les lignes aux besoins des usagers en concertation avec les collectivités locales. Ces annonces témoignent d'une méthode faite de mesures concrètes et chiffrées, revendiquée comme une réponse aux attentes quotidiennes des Franciliens.
Le financement de ces ambitions demeure toutefois un point de tension permanent. Valérie Pécresse a récemment avancé de nouvelles pistes pour équilibrer les comptes du réseau, dont l'idée d'une tarification différenciée reposant sur le paiement par carte bancaire dans le métro, pensée pour faire davantage contribuer les visiteurs de passage que les contribuables franciliens. La question de l'équation budgétaire des transports s'impose comme l'un des chantiers structurants de son mandat, dans une région où la fréquentation retrouvée impose des investissements considérables.
Au-delà de la seule Île-de-France, la présidente régionale a inscrit son action dans une dimension internationale. En décembre 2025, la Région a rejoint Regions4, réseau mondial de gouvernements régionaux engagés en faveur du développement durable et de la biodiversité, marquant une étape supplémentaire dans son ouverture aux coopérations territoriales. Lors des vœux institutionnels de la Région pour l'année 2026, Valérie Pécresse a détaillé les priorités de son exécutif : la modernisation des transports, l'égalité des chances par l'éducation, la transition écologique, le soutien à l'innovation et à l'attractivité économique, ainsi que la lutte contre les fractures territoriales, sociales et sanitaires. Ce programme dessine les contours d'une action régionale qui se veut à la fois gestionnaire et volontariste.
Le parcours national de Valérie Pécresse comporte aussi une ambition présidentielle. Candidate à l'élection présidentielle de 2022 sous les couleurs de la droite républicaine, après avoir remporté la primaire de son camp, elle n'a pas atteint le second tour, un revers qu'elle a assumé publiquement. Ce chapitre n'a pas interrompu son engagement local, où elle a choisi de concentrer son énergie et de consolider un ancrage régional devenu sa marque de fabrique. À cinquante-neuf ans révolus en ce jour de fête nationale, la présidente du conseil régional d'Île-de-France continue d'incarner une forme de constance dans un paysage politique volontiers changeant, attachée à cette collectivité dont elle dirige les affaires depuis plus d'une décennie et dont elle a fait le cœur de son action publique.