Il est né dans la demeure familiale des Al Maktoum, à Al Shindagha, sur les rives de la crique qui traverse Dubaï, le 15 juillet 1949. Ce mercredi 15 juillet 2026, Mohammed ben Rachid Al Maktoum fête ses 77 ans. Vice-président et Premier ministre des Émirats arabes unis, émir de Dubaï, il demeure l'une des figures politiques les plus durables et les plus reconnaissables du Golfe, à la tête d'une cité devenue en quelques décennies une place financière, logistique et touristique de premier rang.
Troisième des quatre fils du cheikh Rachid ben Saïd Al Maktoum, alors souverain de Dubaï, Mohammed ben Rachid grandit dans un émirat encore modeste, dont l'économie repose largement sur le commerce, la pêche et la perle. Son père, artisan de la modernisation de la ville, lui transmet très tôt le goût de la construction et l'attention portée aux infrastructures. Le jeune cheikh reçoit une éducation partagée entre son émirat natal et le Royaume-Uni, où il séjourne pour parfaire sa formation. Cette double culture, celle de la tradition tribale du Golfe et celle des institutions occidentales, marquera durablement sa manière de gouverner.
Sa trajectoire politique s'accélère au moment de la fondation des Émirats arabes unis, en décembre 1971, lorsque sept émirats du Golfe s'unissent en une fédération. Encore très jeune, Mohammed ben Rachid se voit confier la responsabilité de la défense de la nouvelle union, une fonction stratégique dans un contexte régional instable. Il consacre parallèlement son énergie au développement de Dubaï, dont il devient l'un des principaux moteurs bien avant d'en assumer officiellement la direction. On lui attribue notamment l'impulsion donnée à la compagnie aérienne Emirates, lancée en 1985, et à l'expansion des zones franches qui feront la réputation économique de l'émirat.
Le tournant institutionnel intervient en 2006, à la mort de son frère aîné, le cheikh Maktoum ben Rachid Al Maktoum. Mohammed ben Rachid lui succède comme souverain de Dubaï le 4 janvier, avant d'être nommé vice-président des Émirats arabes unis le 5 janvier, puis Premier ministre de la fédération le 11 février de la même année. Vingt ans plus tard, en 2026, il occupe toujours ces fonctions, ce qui fait de lui l'un des dirigeants les plus expérimentés de la péninsule Arabique et un pilier de la stabilité institutionnelle du pays aux côtés du président de la fédération, le cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane, émir d'Abou Dhabi.
Le règne de Mohammed ben Rachid sur Dubaï coïncide avec la transformation spectaculaire de l'émirat. Sous son autorité, la ville s'est dotée d'un aéroport parmi les plus fréquentés au monde, d'un port de commerce majeur, et d'une silhouette urbaine reconnaissable entre toutes, dominée par la tour Burj Khalifa, plus haute construction humaine jamais édifiée. Le pari assumé par l'émir consistait à diversifier une économie longtemps dépendante des hydrocarbures, en misant sur le tourisme, l'immobilier, la finance et les services. Ce modèle, souvent commenté et parfois discuté, a fait de Dubaï une vitrine mondiale, attirant investisseurs, entreprises et voyageurs.
Homme d'État, Mohammed ben Rachid est aussi un poète reconnu dans le monde arabe, publiant sous forme de vers en dialecte nabati. Passionné d'équitation, il a longtemps figuré parmi les propriétaires et cavaliers les plus en vue des courses hippiques internationales, notamment à travers l'écurie Godolphin. Cette dimension personnelle, mêlant culture et sport, contribue à son image publique, entretenue par une communication soignée et une présence assidue sur les réseaux sociaux, où il partage régulièrement ses décisions et ses réflexions.
L'année 2026 illustre la continuité de son action à la tête du gouvernement fédéral. En janvier, présidant le Conseil des ministres, le cheikh Mohammed ben Rachid a passé en revue les accomplissements nationaux des vingt dernières années, dressant le bilan d'une période de croissance soutenue. Mais c'est surtout sur le terrain de l'intelligence artificielle que son gouvernement a concentré ses efforts. En avril, il a dévoilé un cadre visant à déployer l'intelligence artificielle dite agentique dans la moitié des services et opérations de l'administration fédérale dans un délai de deux ans, affichant l'ambition de faire des Émirats le premier gouvernement au monde à franchir ce seuil. Ce programme s'est accompagné du lancement de la plus vaste opération de formation de l'histoire de l'administration émirienne, destinée à former des dizaines de milliers d'agents publics aux outils de l'intelligence artificielle.
Cette orientation s'est prolongée le 12 juin 2026, lorsque Mohammed ben Rachid a approuvé la création de l'Autorité de l'intelligence artificielle et des données, organe national unique chargé des données, de l'intelligence artificielle et du gouvernement numérique, placé sous l'autorité directe du Conseil des ministres et dirigé par Omar Sultan Al Olama. Cette décision confirme la volonté du dirigeant de positionner son pays parmi les premières nations à intégrer ces technologies au cœur de la gouvernance publique.
Son action ne se limite pas aux frontières nationales. Le 10 mai 2026, il a annoncé le lancement d'une initiative en soutien aux efforts d'éradication de l'onchocercose, communément appelée cécité des rivières, une maladie parasitaire répandue dans plusieurs régions d'Afrique. Selon les chiffres avancés par le bureau des médias du gouvernement, cette initiative vise sept millions de bénéficiaires directs et 35,4 millions de bénéficiaires indirects sur une période de trois ans. Cet engagement s'inscrit dans une tradition philanthropique que l'émir a formalisée de longue date, notamment à travers ses fondations dédiées à l'éducation et à la santé dans le monde en développement.
À 77 ans, Mohammed ben Rachid Al Maktoum incarne une forme de longévité politique rare, alliant fidélité aux racines de sa région et volonté constante d'anticiper les mutations technologiques. Père du cheikh Hamdane ben Mohammed, prince héritier de Dubaï chargé d'une part croissante des responsabilités locales, il a organisé progressivement la transmission des affaires de l'émirat tout en conservant les rênes du gouvernement fédéral. Son anniversaire, célébré ce 15 juillet 2026, offre l'occasion de mesurer le chemin parcouru depuis la maison de Al Shindagha jusqu'aux sommets de la scène internationale, et de constater que le dirigeant émirien continue, à cet âge, de tracer des orientations pour les décennies à venir.