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BULGARIE - PRESIDENTIELLE 25/10

Iliana Iotova cherche un mandat à son nom

BULGARIE - PRESIDENTIELLE 25/10 Source : EPOC - création IA

Les quatre cargos frappés par des drones dans la zone économique exclusive bulgare depuis le début du mois appartenaient à des armateurs ukrainiens. Deux ont sombré. À Bruxelles, Kaja Kallas a compté six attaques en dix jours, imputées à des drones russes présumés. Et l'OTAN a promis des avions de patrouille maritime, des radars et des drones, tandis qu'un P-8 Poseidon américain survole déjà la mer Noire à la demande de Sofia, a fait savoir Roumen Radev. C'est avec cette guerre au large de ses côtes que la Bulgarie élit son président, dimanche.

Iliana Iotova occupe la fonction depuis janvier. Son prédécesseur, dont elle avait été la vice-présidente pendant deux mandats, a quitté la présidence pour conduire lui-même Bulgarie progressiste aux législatives d'avril, qu'il a gagnées avec 43,9 % des voix avant de prendre la tête du gouvernement. Elle a 62 ans, a été journaliste puis eurodéputée pendant dix ans, et se présente en indépendante, soutenue par ce parti et par les socialistes chez qui elle a commencé sa carrière. Jamais élue à ce poste, sinon comme numéro deux d'un ticket.

Sur la mer Noire, sa ligne n'a pas bougé depuis le début de la campagne. « Voulons-nous que la mer Noire devienne une zone militaire fermée ? », a-t-elle demandé à ses partisans réunis à Sofia le 20 octobre, avant de refuser ce qu'elle appelle le bellicisme. Une paix négociée en Ukraine, une coalition pour la paix plutôt qu'une coalition des volontaires, et pas un soldat bulgare là-bas tant qu'elle sera en poste. Le même jour, à Roussé, sur le Danube, Andreï Guiourov a dit à peu près l'inverse. Pour cet économiste soutenu par les réformateurs de Nous continuons le changement, ancien vice-gouverneur de la Banque nationale et Premier ministre par intérim au début de l'année, la présidence « ne doit pas se contenter de faire écho à l'exécutif ». Il a réclamé, après les frappes du 13 octobre, des consultations de l'OTAN au titre de l'article 4, et reproché au gouvernement d'avoir laissé les Bulgares apprendre l'escalade par des dirigeants européens plutôt que par leurs propres ministres. Le politologue Daniel Smilov parle, à propos du tandem Radev-Iotova, d'indécision stratégique.

Alpha Research, vendredi, accorde à la présidente un peu plus de 41 %. Mais Guiourov progresse, à 28 %, tout comme le nationaliste Kostadin Kostadinov, chef de Renaissance, qui approche les 13 %, contre 10,5 % au début du mois. Market Links, pour bTV, place Iotova à 47,3 %. C'est Sova Harris, pour le quotidien Troud, qui lui prête près des deux tiers des voix dans l'hypothèse d'un duel avec Guiourov au second tour. Faut-il s'y fier ? Ces chiffres ne portent que sur la minorité qui dit vouloir voter, et 17 % de ces électeurs attendront les tout derniers jours pour se décider, selon Alpha Research.

Personne ne s'attend à une victoire dès dimanche. La loi bulgare exige pour l'emporter au premier tour la majorité absolue et une participation supérieure à la moitié des 6,6 millions d'inscrits, quand les instituts attendent autour de 40 % de votants. Depuis l'instauration du suffrage direct, en 1992, aucun président n'a été élu au premier tour. Et le second tour est fixé au 1er novembre.

Iotova a refusé tout débat avant dimanche, et son équipe annonce un face-à-face avec Guiourov sur la télévision publique BNT le 29 octobre, si tous deux se qualifient.

Le GERB de Boïko Borissov, deuxième formation du pays dans les sondages, ne présente personne. Borissov a fait savoir qu'il ne voterait pas pour Iotova, sans cacher ses réserves sur Guiourov. Son parti n'a donné aucune consigne. Près de la moitié de ses électeurs envisagent de rester chez eux, d'après Alpha Research. C'est vers eux que regarde Guiourov. Il a assuré mercredi, à quatre jours du vote, ne pas avoir de solution de repli et ne courir que pour gagner.

Kostadinov se dit certain de figurer au second tour. Le chef de Renaissance réclame une neutralité active et l'arrêt des livraisons d'armes à Kiev, reproche au Premier ministre d'avoir convoqué l'ambassadeur de Russie après les frappes sans en faire autant avec celui d'Ukraine, et affirme qu'une bonne partie du public de ses meetings a voté Radev au printemps. Market Links lui donne en partie raison, puisque Bulgarie progressiste ne recueille plus que 32 % des intentions de vote aux législatives, six mois après son triomphe.

Dans les campagnes, la hausse des prix de l'énergie et l'inflation pèsent lourd. La Cour constitutionnelle a validé le 20 octobre le budget signé par la présidente, à l'exception du gel du salaire minimum et d'une nouvelle grille de rémunération des jeunes magistrats. Guiourov estime qu'elle aurait dû l'arrêter. Le reproche dit mieux que la question ukrainienne ce qui se joue, car une victoire d'Iotova laisserait la présidence, contrepoids presque constant du gouvernement depuis la fin du communisme, dans le même camp que lui. Iotova deviendrait aussi la première femme élue à la tête de l'État. Les horloges reculent d'une heure dans la nuit qui précède le vote. Ouverts à 7 h, les bureaux ferment à 20 h, puis la Commission électorale centrale dispose de quarante-huit heures pour désigner les deux qualifiés.