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BULGARIE - JOUR DE VOTE

Iliana Iotova face à l’homme qu’elle avait nommé

BULGARIE - JOUR DE VOTE Source : Facebook des candidats

Combien de Bulgares iront voter ce dimanche ? Le 25 octobre, ils ont été moins d’un sur quatre à se rendre aux urnes. Du jamais vu pour un scrutin national. La présidente sortante Iliana Iotova, à qui les instituts promettaient une vingtaine de points d’avance, n’a devancé Andreï Guiourov que de 42 700 voix. Chez Bulgarie progressiste, le parti du Premier ministre Roumen Radev qui la soutient, on a admis une erreur d’appréciation et dit compter sur le second tour pour regagner du terrain.

Le seul face-à-face de la campagne a eu lieu jeudi soir sur la télévision publique BNT, et l’émission, prévue pour une heure et demie, en a duré près de deux. Avant le premier tour, la présidente s’était dérobée à tous les débats. Face à elle, Guiourov, costume et cravate sombres, ne l’a jamais appelée autrement que « Madame Iotova », sans lui accorder une seule fois le titre qu’elle porte depuis janvier. Sur la mer Noire, Iotova a proposé un moratoire entre les six États riverains et répété qu’on n’obtiendrait la paix que par la négociation, avec Moscou à la table : « La Russie ne peut pas être exclue de ce processus. » La réplique est venue aussitôt. « Un moratoire exprimé comme un simple souhait ne constitue pas une stratégie de défense. Le silence n’est pas une défense », a répondu l’ancien Premier ministre par intérim, qui lui a aussi demandé si elle avait téléphoné à Vladimir Poutine pour qu’il arrête la guerre. Ni gaffe ni moment décisif, a jugé le lendemain le site Sofia Globe.

La chaîne publique avait confirmé le jour même le naufrage d’un porte-conteneurs touché par un drone à environ 17 milles nautiques du cap Kaliakra, cinquième attaque du mois dans la zone économique exclusive bulgare. Sur le gaz, la présidente a accusé Kiril Petkov et Assen Vassilev d’avoir privé la Bulgarie de gaz russe du jour au lendemain. Les livraisons ont en réalité été interrompues par Gazprom en avril 2022. Quant à l’accord avec le turc Botas, que Guiourov a dénoncé pendant le débat, un gouvernement intérimaire nommé par Radev l’a signé en janvier 2023.

C’est Iotova elle-même qui avait choisi Guiourov, en février, pour diriger le gouvernement intérimaire chargé d’organiser les législatives d’avril, remportées par le parti de Radev avec près de 44 % des voix.

Radev, qui avait quitté la présidence en janvier pour mener cette campagne, a ramené le second tour à un choix entre la paix et la guerre. Dans ce partage, le candidat de la guerre serait Guiourov. Partisan de l’Union européenne et de l’aide à Kiev, il a réclamé des consultations au titre de l’article 4 du traité de l’Atlantique Nord après les frappes du 13 octobre et propose de protéger la navigation commerciale avec la Roumanie et la Turquie. On lui reproche l’accord de sécurité signé avec l’Ukraine quand il dirigeait le gouvernement, accusé d’engager la jeunesse bulgare dans le conflit. Le texte n’en dit rien. Radev l’a lui-même reconnu, et le Parlement avait exclu toute participation aux combats dès février 2025.

Les résultats définitifs de la Commission électorale centrale accordent 34,8 % à Iotova. Guiourov, 32 %. Le nationaliste Kostadin Kostadinov, chef de Renaissance, a dépassé les 12 % avec près de 191 000 voix, et un peu plus de 4 % des votants ont coché la case « Je ne soutiens personne ». Pour la participation, les estimations divergent légèrement, de 22,5 % selon l’institut Alpha Research à un peu plus de 23 % si l’on rapporte le million et demi de bulletins aux 6,6 millions d’inscrits. Elle avait dépassé 40 % en 2021.

GERB n’avait pas de candidat, alors que le parti de Boïko Borissov a dominé la vie politique bulgare de 2008 à 2025. Il s’est tenu à l’écart du scrutin comme le Mouvement des droits et libertés-Nouveau commencement, formation liée à l’homme d’affaires Delian Peevski que visent des sanctions. Selon Alpha Research, 30 % à peine des électeurs habituels de GERB se sont déplacés, et la presse locale a relevé des taux de vote au plus bas dans les régions où vit une forte population turque. Aucune des deux formations n’a donné de consigne depuis, et Guiourov, après le premier tour, s’est dit redevable envers ses électeurs comme envers ceux qui étaient restés chez eux.

Restent les électeurs de Kostadinov. Le chef de Renaissance n’a soutenu personne. Il a seulement prévenu que Guiourov ne recevrait aucune voix de son parti, et assuré que beaucoup d’électeurs de Radev revenaient vers lui. Arrivé quatrième, Radostin Vassilev a fait le chemin inverse. Il a demandé aux siens de voter selon leur conscience, sauf pour Iotova, dont la défaite entraînerait selon lui des législatives anticipées.

Iotova a reçu l’appui du Parti socialiste européen et d’Ivelin Mikhaïlov, cinquième au premier tour. L’appui du Parti socialiste bulgare allait de soi, puisqu’elle en est membre, son adhésion gelée le temps du mandat. Bulgarie démocratique, Continuons le changement et les Démocrates pour une Bulgarie forte soutiennent Guiourov, bien qu’il ait présidé le groupe parlementaire du deuxième et se présente en indépendant.

À 20 heures, 19 heures à Paris, les bureaux ouverts depuis 7 heures fermeront. La règle a changé depuis le premier tour, où il fallait réunir la majorité des suffrages et une participation d’au moins la moitié des inscrits pour être élu d’emblée. Au second, aucun seuil. Le candidat qui obtient le plus de voix est élu. Il suffira d’une voix d’avance.