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USA - JOUR DE VOTE

Les républicains défendent le Congrès jusque dans les États de Donald Trump

USA - JOUR DE VOTE Source : EPOC - création IA

Un aéroport régional du Kansas a servi de tribune dimanche à Donald Trump. C'est à Salina, dans un État qu'il avait remporté de seize points face à Kamala Harris en 2024, que le président est venu défendre un siège de sénateur républicain. L'enquête New York Times/Siena publiée le même jour accorde plus de cinq points d'avance au candidat démocrate. Faire campagne au Kansas à deux jours du scrutin, pour un président républicain, en dit long sur l'état de son camp.

Les bureaux de vote ouvrent à 6 heures sur la côte Est, midi à Paris. Beaucoup d'électeurs n'ont pas attendu. Le vote anticipé a atteint en Caroline du Nord, au Texas, en Géorgie et en Caroline du Sud des niveaux jamais vus lors d'élections de mi-mandat, et la participation dépasse déjà de plus de 30 % celle de 2022 dans le Maine, le Kansas et le Michigan.

Rien d'apaisé dans l'ambiance d'une campagne où, d'après un décompte du New York Times, Donald Trump a mis en cause l'intégrité du vote plus de sept jours sur dix depuis son retour à la Maison-Blanche. Mais l'affaire ne s'est pas limitée aux discours, puisque le FBI a perquisitionné le centre électoral du comté de Fulton, en Géorgie, et que la Cour suprême a dû écarter le projet de l'administration de contrôler les bulletins envoyés par correspondance. Interdits d'accès à l'enceinte de la Maison-Blanche, CNN, MS NOW et Politico ont porté plainte. La météo annonce des orages, voire des inondations, pour mardi.

Pour une majorité d'Américains, le coût de la vie passe en tête des préoccupations, d'après une enquête Reuters/Ipsos d'octobre. Les droits de douane ont nourri l'inflation. Et depuis que la guerre contre l'Iran a éclaté à la fin de février, l'essence et le gazole ont tant grimpé que deux candidats républicains au Sénat, Mike Rogers dans le Michigan et Ashley Hinson dans l'Iowa, ont demandé la fin du conflit. Quant aux expulsions menées par la police de l'immigration avec l'argent de la grande loi budgétaire de 2025, elles ont ramené vers les démocrates une majorité de l'électorat hispanique. La cote de Donald Trump est tombée à 37 % d'opinions favorables chez Emerson College. Selon Civiqs, huit États seulement, de l'Alabama au Wyoming, lui restent acquis.

Le sondage New York Times/Siena place aussi les démocrates en tête dans l'Ohio, au Texas et dans le Maine. Jon Ossoff en Géorgie et Roy Cooper en Caroline du Nord conservent une avance supérieure à la marge d'erreur. Dans les autres courses, l'écart se resserre jusqu'à disparaître. Mary Peltola, ancienne élue démocrate de l'Alaska, devance de deux points le sénateur sortant Dan Sullivan, et doit composer avec un troisième candidat qui porte, lui aussi, le nom de Dan Sullivan. L'homonymie fait polémique. Une enquête de Lincoln Park Strategies place la candidature démocrate de Jamie Davis à égalité avec la républicaine Julia Letlow en Louisiane, que Donald Trump avait gagnée de 22 points. Josh Turek, dans l'Iowa, n'a qu'un point d'avance sur Ashley Hinson. C'est à Detroit qu'Abdul El-Sayed a tenu dimanche un rassemblement, avec onze points d'avance sur Mike Rogers.

La députée Haley Stevens, battue par El-Sayed lors de la primaire démocrate, a appelé à voter pour le républicain, et Donald Trump l'en a félicitée.

À la Chambre, où les républicains disposent de 218 sièges contre 214 et où les 435 sièges sont renouvelés, Decision Desk HQ donne aux démocrates plus de 80 % de chances de l'emporter. Le Cook Political Report leur prédit entre 227 et 240 élus. Au Sénat, 35 sièges sont en jeu et il leur en faut quatre de plus pour passer de 47 à 51, puisque le vice-président JD Vance départage les égalités. La moyenne des intentions de vote nationales leur accordait 8,4 points d'avance au début d'octobre.

Prudence, pourtant. Les enquêtes ont sous-estimé le vote républicain à plusieurs reprises depuis l'entrée de Donald Trump en politique, et le président de la Chambre, Mike Johnson, assure que ses électeurs répondent moins volontiers aux sondeurs. Redessinées en cours de décennie au Texas et en Caroline du Nord, les cartes électorales devaient aussi protéger la majorité, et la Californie a répliqué avec la Proposition 50.

Le maintien des républicains dans les deux chambres laisserait à Donald Trump un Congrès aligné. C'est le scénario que privilégient les modèles, une Chambre démocrate face à un Sénat républicain, qui changerait le plus le quotidien de la Maison-Blanche. Maîtresse des crédits, la nouvelle majorité ferait de chaque échéance budgétaire une négociation sous menace de fermeture des administrations fédérales, et ses commissions pourraient convoquer des témoins. Une mise en accusation du président ne demande qu'une majorité simple à la Chambre, comme en décembre 2019. Mais la destitution exige 67 sénateurs, hors de portée de quiconque.

Moins commentée, l'hypothèse inverse pèserait plus longtemps. Un Sénat démocrate sans la Chambre ne ferait adopter aucun texte, mais il tiendrait les confirmations des ministres, des ambassadeurs, des juges fédéraux nommés à vie et du successeur de tout membre de la Cour suprême qui quitterait son siège avant 2029. Pour Donald Trump, cette défaite-là coûterait plus cher que l'autre, parce qu'elle toucherait à ce qui survit à un mandat. Une victoire démocrate sur les deux tableaux ? Le président garderait son veto, que ses adversaires ne pourraient surmonter faute des deux tiers. Washington entrerait alors dans deux ans de blocage réciproque.

Les postes de gouverneur se jouent dans trente-six des cinquante États, alors que les républicains en détiennent aujourd'hui 26 contre 24 et que les démocrates n'ont plus été majoritaires depuis 2010. En Géorgie, où Brian Kemp ne peut se représenter, le milliardaire Rick Jackson a dépensé plus de 100 millions de dollars de sa fortune pour écarter Burt Jones, le favori de la Maison-Blanche. Il affronte l'ancienne maire d'Atlanta Keisha Lance Bottoms. Dans l'Ohio, Vivek Ramaswamy est opposé à la démocrate Amy Acton. Le Wisconsin, que quitte Tony Evers, met aux prises le républicain Tom Tiffany et David Crowley, chef de l'exécutif du comté de Milwaukee, devant un électorat dont 45 % citaient l'inflation comme premier sujet selon Marquette University. Restent le Nevada et l'Alaska, jugés indécis eux aussi. Dans la plupart des cas, c'est au gouverneur qu'il reviendra de signer, à la fin de 2028, le certificat officiel du prochain scrutin présidentiel.